Projet de loi contre lhomophobie SUITE À LA LETTRE DES CGL AUX PARLEMENTAIRES, (LINTER CENTRES LGBT a été reçue
à la Chancellerie
§1-/ Suite
à la lettre des CGL aux parlementaires, le ministère de
la Justice prend acte des demandes des acteurs sociaux du mouvement LGBT/
Le 23 juin, le Conseil des ministres adoptait le projet de loi (PJL) relatif
à la lutte contre les propos discriminatoires à caractère
sexiste ou homophobe. Le 24 juin, estimant ce PJL tronqué,
les CGL adressaient une lettre à leurs parlementaires pour leur
demander de légiférer maintenant, sur lensemble
du territoire de la République, contre lensemble des propos
sexistes, homophobes, LGBTphobes et sérophobes (quils
estimaient consubstantiellement liés). Le 25 juin, la Fédération
française des CGL a été reçue au cabinet du
Premier ministre pour traduire les revendications principielles portées
par cette lettre. Le 9 septembre, cest le ministère de la
Justice qui a reçu une délégation des CGL de France
et de leurs Membres associés. David Auerbach, porte-parole national
délégué, vice-président de An Nou
Allé ! (Membre associé de la Fédération
en Martinique), et Matthieu, secrétaire national, président
du CGL Lille, ont rencontré Monsieur Stéphane Noël,
conseiller technique près le Garde des Sceaux. [a]
§2- La Fédération des CGL a de nouveau exprimé sa satisfaction de voir ce PJL augurer une avancée indéniable pour la condition féminine, lesbienne, gaie et bi. En revanche, la Fédération des CGL a rappelé que ce texte restait en létat intellectuellement inachevé pour méconnaître les liens profonds existant entre les haines sexiste, homophobe et sérophobe (entre lesquelles il laisse subsister des différences de traitement). La Fédération a notamment présenté quatre revendications :
§3- La Fédération des CGL reconnaît la qualité découte et de dialogue du ministère de la Justice, qui a prêté une attention particulière à ces revendications, et qui a notamment reconnu lintérêt que pourrait présenter linsertion dune affirmation de principe de portée générale en tête du PJL. Toutefois, le calendrier de la prochaine rentrée parlementaire sannonce particulièrement dense : au terme de cet entretien, la Fédération des CGL sinterroge sur la possibilité de voir la loi promulguée avant le 1er janvier 2005, comme avancé par la Primature le 25 juin dernier. §4- Avec le Caritig (Centre daide, de recherche et dinformation sur la transsexualité et lidentité de genre), la Fédération des CGL renouvelle son souhait de voir pris en compte les propos discriminatoires portant sur lidentité de genre. Elle formulera de nouveau ce souhait, parmi dautres, le mardi 14 septembre prochain devant Madame Brigitte Barèges, députée, rapporteure du PJL. §5- Le détail de largumentation présentée au ministère de la Justice est disponible en pièce jointe [b].
[a] Concernant le
projet de loi relatif à la lutte contre les propos discriminatoires
à caractère sexiste ou homophobe, voir le communiqué
de lINTER CENTRES LGBT du 5 juillet dernier (n°IC/CP/04/09) :
Suite à la lettre des CGL aux parlementaires, le gouvernement
prend acte des demandes des acteurs sociaux du mouvement LGBT. [b] Entretien du 9 septembre 2004, 16h00, avec Monsieur Stéphane Noël, conseiller technique près le Garde des Sceaux, ministre de la Justice Objet : Propositions pour une évolution du PJL relatif à la lutte contre les propos discriminatoires à caractère sexiste ou homophobe Les Membres de la Fédération des CGL tiennent à souligner limportance des effets délétères de la haine homophobe prise au sens large du terme : à Nancy le 1er août dernier, à Reims le 10 septembre prochain, ils ont commémoré ou vont commémorer les meurtres homophobes de Jean-Pierre Humblot (tué à 63 ans le 1er août 2003) et de François Chenu (tué à 30 ans le 13 septembre 2002). Les CGL de France et leurs Membres associés soulignent également lampleur méconnue voire ignorée du suicide LGBT, sur lequel aucune étude publique na à ce jour été commandée : en labsence de statistique nationale, ils ont considéré les études réalisées à létranger, et les données empiriques recueillies en France par une association spécialisée dans lécoute téléphonique des personnes suicidaires, pour estimer que près dun suicide sur deux (soit près de 6.000 des 12.000 suicides mortels annuels) toucherait une personne dont lorientation sexuelle ou lidentité de genre ne serait pas conforme. Dans les CGL, lieux de convivialité et de revendication mais aussi centres daccueil, découte et de soutien, chacunE a déjà reçu une personne suicidaire ou suicidante ou connaît une personne décédée suite à un suicide. Cette hécatombe qui frappe de nombreux jeunes mais aussi des personnes âgées est pour bonne part liée au mépris de soi que ressentent des personnes plongées depuis lenfance dans un univers hétérosexiste, univers où lhétérosexualité est lhorizon exclusif de toute vie sexuelle ou amoureuse, où lhomophobie ambiante nest jamais réprimée, est toujours valorisée. Lexpérience quotidienne de laccueil, de lécoute et du soutien des lesbiennes, des gais, des bi et des trans fonde et légitime laspiration des CGL à une loi contre toutes les discriminations sexistes, LGBTphobes et sérophobes, maintenant. Notre expérience dacteurs sociaux légitime nos revendications. La loi nempêchera pas la haine, nous le savons. Mais notre expérience nous a appris que pour sopposer à la haine, il nous faudra la loi comme support symbolique et effectif, comme référentiel social et légal -comme soutien. Il en va de lintérêt général. Le texte du PJL relatif à la lutte contre les propos discriminatoires à caractère sexiste ou homophobe constitue une avancée importante vers légalité des personnes LGBT en droit et en dignité au sein de la communauté nationale, seule communauté que connaisse la République. Cette avancée témoigne dune écoute certaine dune société qui évolue et se défait, trop lentement encore sans doute, de préjugés ancestraux finalement bien peu fondés. Ce PJL est un acte fort à porter au crédit du gouvernement et de la majorité parlementaire qui le soutient à condition quil se traduise bien en loi votée par le Parlement : notre première préoccupation portera donc ici sur le timing du PJL, qui nous paraît bien serré si lon sen tient à lobjectif indiqué dun vote définitif en dernière lecture avant le 1er janvier 2005. Nous souhaiterions recevoir de nouvelles assurances sur ce point. Par ailleurs, des améliorations paraissent pouvoir
être apportées à ce PJL qui, en létat,
nous paraît intellectuellement inachevé, notamment pour méconnaître
la transphobie et la sérophobie qui sexpriment souvent en
même temps que le sexisme et que lhomophobie et qui doivent
donc être réprimées en même temps. Nos principales
revendications seront les suivantes : Nos propositions damendements seront ci-après
inscrites en majuscules : pour lessentiel, il sagit des propositions
que nous avions formulées auprès de Mlle Carole Moinard,
conseillère technique près le Premier ministre, lors de
lentretien quelle avait bien voulu nous accorder le 25 juin.
Il convient de saluer ici sa qualité découte et de
dialogue. (Cf. notre communiqué de presse n°IC/CP/04/09 des
5/7 juillet : Suite à la lettre des CGL aux parlementaires,
le gouvernement prend acte des demandes des acteurs sociaux du mouvement
LGBT.) Article 1er Texte actuel : Notre souhait : Notre commentaire : IDENTITÉ DE GENRE : il nous paraît important dinclure explicitement les personnes trans dans le texte de loi. En effet, il est à craindre que la notion dorientation sexuelle puisse être interprétée par le juge en un sens qui ninclue pas les personnes trans, pourtant tout aussi souvent victimes de persécutions que les personnes lesbiennes, gaies et bi. Cette revendication semble conforme à la position quaurait exprimée le Premier ministre le 24 juin (selon le communiqué de lInter-LGBT du 25 juin). Elle semble également conforme à la position quaurait exprimée la Présidence le 1er juillet (selon le communiqué de lInter-LGBT du 2 juillet). Nous recevant le 25 juin, le cabinet du Premier ministre avait pour sa part estimé que les personnes trans seraient protégées au titre de la répression des provocations à raison du sexe. Outre que cette interprétation ne recoupe pas celles quauraient exprimées le Premier ministre et la Présidence de la République, force est de constater quelle ne rencontre pas lassentiment des personnes trans. Ainsi, le Caritig (Centre daide, de recherche et dinformation sur la transsexualité et lidentité de genre) estime que cette interprétation relègue, dans limprécision la plus totale, la transphobie dans les dispositions relatives aux propos sexistes (communication de Armand Hotimsky, président du Caritig, le 8 septembre 2004). Si propos sexistes et propos transphobes sont évidemment liés pour relever du même corpus idéologique de séparation des sexes et des genres, ils sont tout aussi évidemment distincts. Dans un cas, il est reproché aux personnes trans de passer une frontière énoncée comme intangible ; dans lautre, il sagit dassigner les femmes à résidence derrière cette même frontière. Cette distinction nest pas seulement rhétorique mais amène des variations dans la gravité des violences et discriminations : ici, les femmes sont davantage visées ; là, ce sont les trans... Par ailleurs, comme le rappelle le Caritig, les articles 2 et 3 du PJL évoquent uniquement lorientation sexuelle : dans ces conditions, comment être assuré que des interprétations restrictives ne soient pas avancées ? Tenter de fusionner ces deux discriminations présente donc définitivement deux inconvénients majeurs : tout dabord, exposer les femmes ou (bien plus probablement) les personnes trans au risque dinterprétations diverses de la loi par le juge qui excluraient tantôt les unes, tantôt les autres ; ensuite, renouveler en un geste damalgame la geste séculaire de méconnaissance et dinvisibilisation des unes et des autres (et, de nouveau, singulièrement des personnes trans). ÉTAT DE SANTÉ : bien souvent, certaines personnes LGBT sont insultées à raison de leur séropositivité au VIH réelle ou supposée, voire de leur stade sida réel ou supposé. Il serait mal venu que la loi réprime les injures du style sale pédé, mais pas celles du style sale séropo qui deviendraient dès lors le refuge licite de lexpression homophobe. Comme le rappelle Act Up-Paris, daprès une enquête menée par Aides, 75% des séropositifs déclarent avoir déjà subi des discriminations en raison de leur statut sérologique : il paraît évident que ces discriminations se font pour beaucoup à raison de lamalgame souvent (sinon toujours) présent entre le VIH/sida et lhomosexualité. Christine Boutin le rappelait récemment. Dans son rapport sur lisolement et le suicide en France, Pour sortir de lisolement, un nouveau projet de société, elle reconnaît ainsi la difficulté souvent rencontrée par les malades du sida dans le cadre de relations avec les banques, et en particulier en ce qui concerne lobtention de prêts bancaires (I, B3). Christine Boutin ajoute : Alors même que les personnes atteintes de cette maladie seraient prêts à payer les surprimes dassurance sur les prêts prévues par les textes, elles se retrouvent souvent confrontées à un refus pur et simple de la part de leurs banquiers. Cette forme de discrimination par la santé, assimilée par beaucoup à une discrimination sexuelle (on peut comprendre leurs motifs) est également génératrice disolement. Il paraît tout autant évident que le VIH/sida nest pas la seule affection à faire lobjet de discriminations : le regard que jette la société française sur le handicap, quil soit moteur ou mental, sur les maladies lourdes en général, voire même sur la seule vieillesse, nest pas toujours tendre. Cest pourquoi nous souhaitons que la loi évoque les propos discriminatoires fondés sur létat de santé et non sur la seule séropositivité au VIH. Il sagit à nos yeux, non seulement de banaliser la séropositivité en la reliant aux autres affections, dautant plus que dans les faits de nombreux séropositifs sont atteints par de ces affections en tant quaffections opportunistes, mais encore dagir dans le sens de lintérêt général le plus large et le mieux compris, chaque fois que les revendications que nous sommes mandatés pour porter peuvent sans se voir dénaturées être élargies à des préoccupations qui nentrent pas forcément dans notre objet. Christine Boutin fait également ce lien : Les discriminations, quelles soient sexistes, homophobes, racistes, antireligieuses, ou contre les personnes handicapées, sont nombreuses. Une loi densemble (complétant et modernisant lactuelle loi sur la presse) pénalisant les propos discriminatoires serait une première étape pour favoriser le respect mutuel. Dautre part, la création dune autorité administrative indépendante de lutte contre les discriminations pourrait aider les victimes à se situer dans les dispositifs qui existent déjà afin de les optimiser. Sans se substituer au pouvoir judiciaire, seul apte à décider de sanctions, cette autorité faciliterait le travail des victimes devant la justice. Pour les discriminations dues à des handicaps, cest lapproche des maladies dans leur ensemble quil faut modifier en France : des campagnes publiques au sein des écoles et des entreprises permettraient déviter certaines discriminations (IV, B1). Pour en revenir ici aux seuls propos sérophobes, Act Up-Paris en rappelle le caractère spécifique et grave : Si les insultes "va mourir avec ton sida" ou "sale sidaïque" sont moins nombreuses que les insultes homophobes ou transphobes, elles nen sont pas moins graves. Les propos et les actes sérophobes saccompagnent en général de discriminations dans le monde du travail, en milieu scolaire ou jusque dans nos propres familles et entourages. Ce monde de linjure est alors propice à lexclusion des séropositifs et à lintériorisation de la haine. Beaucoup de séropositifs préfèrent donc taire leur maladie et la vivre dans la honte et lisolement. Les actes et les propos sérophobes engendrent ainsi une marginalisation qui favorise lépidémie de sida. Il devient en effet plus difficile de se soigner quand on est seul pour affronter la maladie, ou pire quand lestime de soi et la volonté de vivre a été détruite par la violence sérophobe. Taire sa maladie à cause de la peur dêtre rejeté peut aussi conduire à des prises de risques et à de nouvelles contaminations (communication de Thierry Schaffauser, responsable de la commission Sexpol & Prévention de Act Up-Paris, le 8 septembre 2004). De nouveau, on voit que les propos sérophobes sont loin dêtre anodins, contribuent à la poursuite de lépidémie de VIH/sida, et surtout sexpriment dans un cadre homophobe auquel ils ne se réduisent pourtant pas. Conjoints aux propos homophobes, ils doivent être réprimés en même temps queux ; distincts des propos homophobes, ils doivent être réprimés de façon explicite et donc distincte. Léconomie législative, léconomie de mots, serait ici une bien mauvaise économie qui ne ferait pas léconomie de maux. RÉELS OU SUPPOSÉS : bien souvent aussi, si ce nest le plus souvent, les personnes qui utilisent des insultes homophobes, transphobes ou sérophobes ne font que supposer que la personne quelles insultent relève de la catégorie concernée. Une teinte de cheveux trop osée, un déhanchement trop prononcé suffisent (On a même vu aux États-unis dAmérique un homme assassiné parce quil portait un sac à main qui nétait autre que celui de sa femme.) Là encore, il serait malvenu que le juge exempte les insultes destinées à des personnes supposées lesbiennes, gaies, bi, trans, séropositives ou sidéennes dont on serait parvenu, on nose imaginer comment, à déterminer le caractère finalement hétérosexuel ou séronégatif Le cabinet du Premier ministre a pris note avec intérêt de cette revendication susceptible de faciliter lapplication de la loi future (notre communiqué du 5/7 juillet dernier, relu par le cabinet du Premier ministre). Sur ces trois points (identité de genre, état de santé et caractère réel ou supposé), la Fédération des CGL ne manquerait pas de saluer publiquement déventuels amendements gouvernementaux ou, à tout le moins, le soutien du gouvernement à déventuels amendements dinitiative parlementaire. Article 2 Texte actuel : Notre souhait : Article 3 Texte actuel : Notre souhait : Notre commentaire : DE LEUR SEXE : Il nous paraît malvenu dinstaurer dans la loi le principe dune discrimination entre les discriminations Serait-ce à dire quil nest pas de diffamation, pas dinjure sexistes ? Qui oserait sérieusement le soutenir ? Sexisme, homophobie (lesbo, gai-, bi et transphobies) et sérophobie sont intimement liés et participent du même rejet de ce qui est jugé comme inconvenant par rapport aux normes de genre. Disjoindre les uns des autres reviendrait, de nouveau, à laisser subsister des poches dinsulte licite qui deviendrait des mots-clefs pour les sexistes, homophobes, LGBT-phobes et sérophobes (un peu à limage des allusions à un lobby cosmopolite et sioniste très implanté dans les médias et dans la banque qui ne trompent personne mais peuvent si difficilement être poursuivies). Finalement, il nous paraît possible de faire confiance au juge pour, sous le contrôle de la Cour de cassation, cerner précisément ce qui relève la diffamation ou de linjure et ce qui nen relève pas. Sur ce point, la Fédération des CGL ne manquerait pas de saluer publiquement déventuels amendements gouvernementaux ou, à tout le moins, le soutien du gouvernement à déventuels amendements dinitiative parlementaire. Article 5 Texte actuel : Notre souhait : Il est inséré, après larticle 48-3 de la loi précitée, QUATRE articles ainsi rédigés : Art. 48-4.- Toute association, régulièrement
déclarée depuis au moins cinq ans à la date des faits,
se proposant, par ses statuts, de combattre LES VIOLENCES OU les discriminations
fondées sur lorientation sexuelle, RÉELLE OU SUPPOSÉE,
ou dassister les victimes de ces VIOLENCES OU discriminations peut
exercer les droits reconnus à la partie civile en ce qui concerne
les délits prévus par le neuvième alinéa de
larticle 24, le troisième alinéa de larticle
32 et le quatrième alinéa de larticle 33. Art. 48-5.- Toute association, régulièrement
déclarée depuis au moins cinq ans à la date des faits,
se proposant, par ses statuts, de combattre les violences ou les discriminations
fondées sur le sexe, RÉEL OU SUPPOSÉ, ou dassister
les victimes de ces VIOLENCES OU discriminations peut exercer les droits
reconnus à la partie civile en ce qui concerne le délit
prévu par le neuvième alinéa de larticle 24,
LE TROISIÈME ALINÉA DE LARTICLE 32 ET LE QUATRIÈME
ALINÉA DE LARTICLE 33. ART. 48-6.- TOUTE ASSOCIATION, RÉGULIÈREMENT
DÉCLARÉE DEPUIS AU MOINS CINQ ANS À LA DATE DES FAITS,
SE PROPOSANT, PAR SES STATUTS, DE COMBATTRE LES VIOLENCES OU LES DISCRIMINATIONS
FONDÉES SUR LIDENTITÉ DE GENRE, RÉELLE OU SUPPOSÉE,
OU DASSISTER LES VICTIMES DE CES VIOLENCES OU DISCRIMINATIONS PEUT
EXERCER LES DROITS RECONNUS À LA PARTIE CIVILE EN CE QUI CONCERNE
LES DÉLITS PRÉVUS PAR LE NEUVIÈME ALINÉA DE
LARTICLE 24, LE TROISIÈME ALINÉA DE LARTICLE
32 ET LE QUATRIÈME ALINÉA DE LARTICLE 33. ART. 48-7.- TOUTE ASSOCIATION, RÉGULIÈREMENT
DÉCLARÉE DEPUIS AU MOINS CINQ ANS À LA DATE DES FAITS,
SE PROPOSANT, PAR SES STATUTS, DE COMBATTRE LES VIOLENCES OU LES DISCRIMINATIONS
FONDÉES SUR LÉTAT DE SANTÉ, RÉEL OU
SUPPOSÉ, OU DASSISTER LES VICTIMES DE CES VIOLENCES OU DISCRIMINATIONS
PEUT EXERCER LES DROITS RECONNUS À LA PARTIE CIVILE EN CE QUI CONCERNE
LES DÉLITS PRÉVUS PAR LE NEUVIÈME ALINÉA DE
LARTICLE 24, LE TROISIÈME ALINÉA DE LARTICLE
32 ET LE QUATRIÈME ALINÉA DE LARTICLE 33. Notre commentaire : Suite logique de notre commentaire des articles 1er,
2 et 3. En outre, il nous semble étrange voire tendancieux dexclure
la notion de violence fondée sur lorientation sexuelle
Suffisamment de meurtres ont récemment, en France, démontré
lexistence de telles violences. Article 7 Texte actuel : La présente loi est applicable en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, dans les îles Wallis et Futuna et dans les Terres australes et antarctiques françaises. Notre souhait : La présente loi est applicable en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, À MAYOTTE, dans les îles Wallis et Futuna et dans les Terres australes et antarctiques françaises. Notre commentaire : Nous avons bien pris acte des garanties apportées par la Primature nous assurant que Mayotte était bien comprise dans le champ territorial du PJL. Néanmoins, en labsence de démonstration juridique étayée, nous constatons que Mayotte est la seule des cinq collectivités doutre-mer qui relèvent du principe constitutionnel de spécialité législative à ne pas figurer ici. Particulièrement marqués par le précédent du PaCS, qui reste de facto inaccessible aux 630.000 habitantEs de ces collectivités (comme nous le rappelle notre Membre associé en Nouvelle-Calédonie, lassociation Homo-Sphère), nous souhaitons une mention explicite. Sur ce point, la Fédération des CGL ne manquerait pas de saluer publiquement déventuels amendements gouvernementaux ou, à tout le moins, le soutien du gouvernement à déventuels amendements dinitiative parlementaire. Avant lactuel article 1er Pour un article 1A Notre souhait : Notre commentaire : Nous regrettons labsence dun horizon éthique qui soit formulé à lintérieur même de la loi. Par exemple, le député François Léotard, dans sa proposition de loi du 9 novembre 1999 (la première que nous ayons recensée sur le sujet) avait prévu larticle 1er suivant : Toute discrimination fondée sur des pratiques sexuelles non réprimées par la loi est interdite. Une telle formulation nous paraît discutable, notamment parce quelle évoque quelque peu un pléonasme. Mais elle a le mérite de poser une affirmation de principe claire et forte, avant dentrer dans la cuisine juridique de la loi de 1881. Elle a le mérite, à lheure où le peuple fait souvent le reproche au législateur de produire une loi inintelligible, dénoncer un principe immédiatement compréhensible par touTEs, ayant une valeur pédagogique forte. Nous souhaiterions donc linsertion dun article 1A qui sinspire du texte de François Léotard et qui définisse en fait lhomophobie. La loi de 1881 ici modifiée souvre elle-même par une telle déclaration de principe : Limprimerie et la librairie sont libres. Le cabinet du Premier ministre a pris note avec intérêt de cette revendication susceptible de faciliter linterprétation de la loi future par le peuple autant que par le juge (notre communiqué du 5/7 juillet dernier, §6, relu par le cabinet du Premier ministre). Il nous paraît ici possible de souhaiter quun amendement gouvernemental soit présenté en ce sens : cette affirmation de principe claire et forte, susceptible de devenir lemblème de la loi en lieu et place dun exposé des motifs appelé à rejoindre les tablettes de lhistoire, doit pouvoir sappuyer sur une volonté politique claire et forte. Pour un article 1B Notre souhait : IL EST INSÉRÉ, AVANT LE POINT FINAL DU
PREMIER ALINEA DE LARTICLE 13-1 DE LA LOI DU 29 JUILLET 1881 SUR
LA LIBERTÉ DE LA PRESSE, LA MENTION AINSI RÉDIGÉE
: Notre commentaire : Nous souhaitons linsertion dans le PJL dun nouvel article 1B par lequel les associations de lutte contre les violences ou les discriminations fondées sur le sexe ou lorientation sexuelle, lidentité de genre ou létat de santé, se verraient ouvrir le droit de réponse reconnu par larticle 13-1 de la loi de 1881 aux associations ayant pour objet de défendre la mémoire des esclaves et lhonneur de leurs descendants, de combattre le racisme ou dassister les victimes de discrimination fondée sur leur origine nationale, ethnique, raciale ou religieuse. Soulignons le paradoxe dun PJL qui prévoirait le plus (la possibilité dester en justice) mais pas le "moins" (la possibilité déteindre le litige directement entre les parties en demandant linsertion dun droit de réponse ayant parfois plus de portée pédagogique quune procédure juridique). Le cabinet du Premier ministre a pris note de cette revendication (notre communiqué du 5/7 juillet dernier, §13, relu par le cabinet du Premier ministre) qui semble par ailleurs avoir, le 24 juin, rencontré lagrément du Premier ministre (selon le communiqué de lInter-LGBT du 25 juin), et, le 1er juillet, lagrément de la Présidence de la République (selon le communiqué de lInter-LGBT du 2 juillet). Là encore, un amendement gouvernemental paraît adéquat pour soutenir efficacement une telle insertion. À titre de conclusion, concernant de manière plus large le traitement des discriminations par le droit, nous marquons notre préoccupation face à la dissémination du droit des discriminations : à terme, il conviendrait que le législateur rationalise ce droit aujourdhui traité dans le code pénal (article 2252), dans le code du travail (articles L12235 et L12245) ou encore dans la loi de 1881, au risque de poser plusieurs définitions des discriminations, donc de laisser subsister des poches de discrimination entre les discriminations LINTER CENTRES LGBT
fédère les CGL de France et leurs Membres associés.
Les 32 Membres de lINTER CENTRES LGBT sont les huit CGL dAngers, Lille, Lyon, Metz, Paris, Reims et Toulouse, et leurs 24 Membres associés à Bordeaux, Caen, Chartres, Chauny, Cherbourg, Dijon, Grenoble et Lyon, au Mans, à Marseille, Mont-de-Marsan, Nancy, Nice, Nîmes, Nouméa, Orléans, Rennes, Rouen et Sarreguemines, au Tampon, à Tours, Troyes et Valence. Les 32 Membres de lINTER CENTRES LGBT fédèrent 2.339 militantEs et 111 organisations LGBT à travers toute la France. Les 32 Membres de lINTER CENTRES LGBT accueillent 23.039 personnes par an (données 2003 recueillies auprès de 8 Membres sur 32). LINTER CENTRES LGBT est soutenue par le Syndicat national des entreprises gaies. (French Gay and Lesbian Centers Federation) PRESS RELEASE N°IC/CP/04/20 Bill against Homophobic Language AFTER LETTERS FROM THE FRENCH GAY AND LESBIAN CENTERS HAD BEEN SENT TO DEPUTIES OF THE NATIONAL ASSEMBLY, THE JUSTICEDEPARTMENT RESPONDED TO LGBT ACTIVISTS' REQUESTS (INTER CENTRES LGBT was invited to the French Chancellery to add detail to the suggestions in its letter of June 24th) §1-/ After letters from the French Gay and Lesbian Centers had been sent to Deputies of the National Assembly, the Justice Department responded to LGBT activists requests/ On June 23rd, the French Council of Ministers adopted a Bill relating to the struggle against discriminatory language of a sexist or homophobic character. On June 24th, fearing that the Bill had been watered down, French Gay and Lesbian Centers wrote letters to their National Assembly deputies demanding that they legislate now, for the whole territory of the Republic, against all forms of sexist and homophobic language, including that directed at trans-sexuals and HIV positive people (all of which they consider to be intimately inter-related). On June 25th, the French Gay and Lesbian Centers Federation went to offices of the Prime Minister to flesh out the main suggestions contained in this letter. On September 9th, the Justice Department welcomed a delegation from the French Gay and Lesbian Centers. David Auerbach, the appointed spokesperson for the National Federation and Vice-President of An Nou Allé ! (an Associate Member of the Federation in Martinique), and Matthieu, National Secretary and President of the Gay and Lesbian Center of Lille, met Mr Stéphane Noël, a technical adviser close to the Minister of Justice. [a] §2- The French Gay and Lesbian Centers
Federation again expressed its satisfaction with this Bill and looked
forward to it effecting an obvious improvement in the condition of females,
lesbians, gays and bi-sexuals. However, the Federation pointed out that
the text had not been fully thought out, ignoring as it did the strong
connection between sexist and homophobic hatreds, and those directed at
HIV positive people (albeit these all needed to be dealt with in different
ways). The Federation made four particular suggestions: §3- The French Gay and Lesbian Centers Federation was pleased at the quality of dialogue with the Justice Department, and with its willingness to listen. It had paid close attention to their suggestions and in particular had acknowledged the value of inserting a general statement of principle at the head of the Bill. However, towards the end of the meeting, the Federation began to question the practicality of the law being actually promulgated by January 1st 2005, as envisaged by Prime Ministerial officials on June 25th. The programme of business as announced for the next parliamentary session looked especially tight... §4- The French Gay and Lesbian Centers Federation, along with Caritig (French Center for support, research and information on trans-sexuality and gender identity), restate their wish to see discriminatory language relating to gender identity being incorporated in the Bill. The Federation will put this request among others, to Mrs Brigitte Barèges, the Deputy in charge of the progress of the Bill, on Tuesday, September 14th. §5- A detailed report of the discussion with the Justice Department is enclosed [b]. [a] Re the Bill relating to the
struggle against discriminatory remarks of a sexist or homophobic character,
see the release of INTER CENTERS LGBT n°IC/CP/04/09 of the
5th July last: French Bill against homophobia: the government
commits itself on a time limit and considers amendments. [English translation of the above French original text. In the event of any differences between the English translation and the French original, the French text shall prevail. Translated thanks to T.E.]
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Mis en ligne le 13 septembre 2004 INTER CENTRES LGBT Alliance des Centres lesbiens, gais, bi & trans de France et de leurs Membres associés Association loi 1901 fondée le 12 décembre 1998, déclarée le 5 novembre 2003 (J.O. du 22 novembre 2003) contact@inter-centres-lgbt.org - http://inter-centres-lgbt.org/ c/o JEn Suis, JY Reste, Centre gai & lesbien de Lille - 19, rue de Condé - 59000 Lille Huit Membres titulaires : Arc-en-ciel 31 (Toulouse), CGL Paris, Couleurs Gaies - Centre LGBT de Moselle (Metz), Ex Æquo (Reims), FGL Lyon, JEn Suis, JY Reste (CGL Lille), Quazar (Angers) et Reims Liberté Gaie Vingt-trois Membres associés : Alter Égaux (Nancy), ARIS (Lyon), CGL Nîmes, CGL Rennes, CIGaLes (Dijon), C.I.GA.LE. (Grenoble), Enfants terribles (Caen), GAG Loiret (Orléans), HOMogênE (Le Mans) et Homo-Sphère (Nouméa) (Associations affinitaires), Mimi (Nice), Siegfried des anciens Enfants terribles (Cherbourg), François Garrido de lancienne Maison de lhomosocialité de Bordeaux, Bernadette de lancienne Maison des homosexualités de Touraine et Jean-Gabriel de lancienne Homosphère (Troyes) (Correspondants locaux), Agayri Sud-Est (Valence), Aisne Gaie (Soissons), Arc-en-ciel 28 (Chartres), Comme ça ! (Rouen), G2L (Mont-de-Marsan), Gay-Union (Le Tampon), Homonyme (Nancy) et Mémoire des sexualités (Marseille) (Observateurs) Données à jour au 5 mai 2004 UNIR LES FORCES MILITANTES, PARTAGER LES EXPÉRIENCES © INTER CENTRES LGBT - Merci de consulter les informations légales relatives à lutilisation des données du présent site Internet. LINTER CENTRES LGBT est soutenue par le Syndicat national des entreprises gaies. |
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