INTER CENTRES LGBT
Fédération française des CGL et des militantEs qui se destinent
à l’accueil des personnes LGBT (lesbiennes, gaies, bi & trans)


COMMUNIQUÉ N°IC/CP/04/21
Angers (49), le vendredi 8 octobre 2004



Lutte contre les discriminations et pour l'égalité

"ILGA-EUROPE PARIS 2005" ET LA FÉDÉRATION DES CGL APPELLENT
À UNE JOURNÉE MONDIALE DE LUTTE CONTRE L'HOMOPHOBIE

("ILGA-Europe Paris 2005" et l'INTER CENTRES LGBT
signent l'appel lancé dans "Le Monde" par Louis-Georges Tin)


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Louis-Georges Tin

DR

   
§1-/ "ILGA-Europe Paris 2005" et la Fédération des CGL appellent à une Journée mondiale de lutte contre l'homophobie/ Si certaines évolutions récentes de la société française vont indubitablement dans le sens d'un meilleur respect des personnes lesbiennes, gaies, bi et trans (LGBT), il ne faut pas oublier que ces évolutions ne font que rattraper, bien lentement, un retard considérable. Bien des discriminations demeurent en France. Au-delà de nos frontières, il n'est souvent pas même question de rattraper un retard qui ne fait que s'aggraver. La situation de nos frères et sœurs LGBT de l'étranger nous concerne de près. La solidarité que nous leur devons n'est pas seulement une obligation morale ; elle est aussi l'un des axes d'une stratégie bien comprise de lutte contre les discriminations en France même. Il s'agit de faire comprendre, par une pression constante pour l'égalité, que nous n'admettrons aucun recul dans notre marche vers l'égalité, quand bien même un recul nous laisserait dans une situation moins défavorable que nos frères et sœurs de l'étranger. Il s'agit de faire comprendre que ce ne sont pas nos avancées qui seraient excessives, mais bel et bien leurs retards qui sont inadmissibles.

§2- L'évolution positive des sociétés occidentales ne doit pas élargir l'incompréhension entre les cultures du monde. Nous revendiquons le respect de toutes les personnes LGBT, ici comme dans le reste du monde. Nous sommes particulièrement attentifs à la situation de nos amiEs de certains pays d'Europe de l'Est comme la Pologne ou la Serbie, ainsi que des pays du Sud de la Méditerranée et du Moyen-Orient. Pour ces raisons, pour d'autres, une Journée mondiale de lutte contre l'homophobie répondrait à nos attentes. En nous permettant de mieux informer les FrançaiSEs sur la situation LGBT en France comme dans le monde, une telle Journée permettrait in fine de mieux accueillir et de mieux défendre les 23.000 personnes qui demandent chaque année le soutien des CGL de France et de leurs Membres associés. À titre de comparaison, il est possible de relever que la Journée internationale de la femme a eu cet effet bénéfique sur la condition féminine en France.

§3- Des premières initiatives ont déjà été menées par les Membres de la Fédération des CGL. Depuis mars 1999, les "Flamands roses", association membre du CGL de Lille, organisent chaque année une Journée marquée par un temps de forte visibilité (manifestation en centre-ville) et par un temps de débat et de réflexion (avec notamment des politiques et des associatifs) : "Homophobie et police" en 2002, "Homophobie dans l'éducation" en 2003, "Homophobie au travail" en 2004. Le 2 juin dernier, SOS homophobie et le CGL de Paris ont organisé une "Journée régionale de lutte contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie", parrainée par le Conseil régional d'Île-de-France. Aujourd'hui, "ILGA-Europe Paris 2005" et la Fédération française des CGL signent l'appel "Vers une Journée mondiale de lutte contre l'homophobie" lancé par Louis-Georges Tin, président de "An Nou Allé !" (Membre associé de la Fédération en Martinique), directeur du Dictionnaire de l'homophobie paru en 2003. C'est une journée pour les libertés et pour la solidarité internationale qu'ils souhaitent ensemble voir advenir ; une journée pour la paix.

§4- Le texte de l'appel, une liste de premiers signataires et un argumentaire détaillé sont disponibles en pièces jointes. [a] [b]

 

 

 

Pour l’INTER CENTRES LGBT,

Vu l'article R11–2, alinéas 3 à 7
du règlement intérieur,

Le Porte-parole national délégué,
Matthieu

La Porte-parole nationale déléguée,
Nadine 
+33 (0)6 99 39 57 77

porteparolat@inter-centres-lgbt.org

Pour ILGA-Europe Paris 2005,

Le Chargé de communication,
Gilles Bonmori
+33 (0)6 61 53 19 39

contact@ilgaeuropeparis2005.org
http://www.ilgaeuropeparis2005.org/

 

[a] VERS UNE JOURNÉE MONDIALE DE LUTTE CONTRE L'HOMOPHOBIE

Pour une reconnaissance internationale des lesbiennes, des gais, des bi et des trans

"Selon une opinion largement répandue, l'homosexualité serait aujourd'hui plus libre que jamais : partout présente et visible, dans la rue, dans les journaux, à la télévision, au cinéma, elle serait même tout à fait acceptée, ce dont témoignent apparemment, dans plusieurs pays, les récentes avancées législatives sur la reconnaissance des couples de même sexe. Certes, quelques ajustements demeurent nécessaires pour éradiquer les dernières discriminations, mais avec l'évolution des mentalités, ce ne serait en somme, selon certains, qu'une simple affaire de temps, le temps de faire aboutir un mouvement de fond lancé depuis plusieurs décennies déjà.

"Pour l'observateur un peu plus attentif, la situation est globalement bien différente : et à vrai dire, le XXe siècle a sans doute été une des périodes les plus violemment homophobes de l'Histoire : déportation dans les camps de concentration sous le régime nazi, goulag en Union soviétique, chantages et persécutions aux Etats-Unis à l'époque de McCarthy... Évidemment, tout cela peut sembler loin. Mais bien souvent, les conditions d'existence dans le monde d'aujourd'hui restent très défavorables. L'homosexualité est partout discriminée ; dans quatre-vingts Etats au moins, les actes homosexuels sont condamnés par la loi (Algérie, Sénégal, Cameroun, Ethiopie, Liban, Jordanie, Arménie, Koweït, Porto Rico, Nicaragua, Bosnie…) ; dans plusieurs pays, cette condamnation peut aller au-delà de dix ans (Nigeria, Libye, Syrie, Inde, Malaisie, Cuba, Jamaïque…) ; parfois, la loi prévoit la détention à perpétuité (Guyana, Ouganda). Et dans une dizaine de nations, la peine de mort peut être effectivement appliquée (Afghanistan, Iran, Arabie Saoudite…). En Afrique, récemment, plusieurs présidents de la république ont brutalement réaffirmé leur volonté de lutter personnellement contre ce fléau selon eux "anti-africain". Même dans d'autres pays où l'homosexualité ne relève pas du code pénal, les persécutions se multiplient. Au Brésil par exemple, les Escadrons de la mort et les "skin heads" sèment la terreur : 1.960 meurtres homophobes ont pu être recensés officiellement entre 1980 et 2000. Dans ces conditions, il paraît difficile de penser que la "tolérance" gagne du terrain. Au contraire, dans la plupart de ces Etats, l'homophobie semble aujourd'hui plus violente qu'hier. La tendance n'est donc pas à l'amélioration générale, tant s'en faut.

"C'est pourquoi nous proposons cette Journée mondiale de lutte contre l'homophobie. Elle a pour but d'articuler action et réflexion afin de lutter contre toutes les violences physiques, morales ou symboliques liées à l'orientation sexuelle ou à l'identité de genre. Elle entend susciter, soutenir et coordonner toutes initiatives contribuant à l'égalité entre les citoyens en la matière, de jure, mais aussi de facto, et cela dans tous les pays où cette démarche sera possible. L'organisation d'une journée de lutte contre l'homophobie dans chaque pays permettra d'inscrire nos luttes dans une démarche de solidarité avec toutes les personnes lesbiennes, gaies, bi et trans (LGBT) du monde entier. Mais il s'agit aussi d'inscrire nos luttes dans une démarche plus globale de défense des droits humains. Depuis plusieurs décennies, dans le monde entier, de nombreuses actions ont été menées dans cette perspective, non sans succès d'ailleurs. Nous nous situons dans cette lignée : nous voulons renforcer les expériences engagées, donner plus de visibilité aux tentatives futures et nous en appelons aux instances nationales et internationales afin qu'elles inscrivent cette Journée dans l'agenda officiel, à l'instar de la Journée internationale de la femme ou de la Journée mondiale de lutte contre le sida. La reconnaissance d'une telle Journée serait ainsi un engagement clair de la communauté internationale. Elle s'est mobilisée contre de nombreuses autres formes de discriminations et de violences sociales, mais pas encore sur ces sujets. Voici l'occasion."

Ce texte a été rédigé par Louis-Georges Tin, directeur du Dictionnaire de l'homophobie (Presses Universitaires de France, 2003), président de "An Nou Allé !", Association des lesbiennes, des gais, des bi & des trans de Martinique et de leurs amiEs en vue de constituer et d'animer un CGL en Martinique (Membre associé, Association affinitaire de la Fédération française des CGL). Si vous aussi vous soutenez cette initiative, et si vous souhaitez que cette Journée de lutte contre l'homophobie soit inscrite officiellement au calendrier national et international, vous pouvez signer cette pétition sur http://www.ilga.org.

PARMI LES PREMIERS SIGNATAIRES DE L'APPEL FIGURENT : Académie Gay et Lesbienne, Act Up-Paris, A Gauche En Europe (AG2E), Amnesty International France, ARDHIS, Association des Parents et futurs parents Gais et Lesbiens (APGL) , Association européenne pour la défense des droits de l'Homme (FIDH-AE), L'Autre Cercle, L'Autre Cercle IDF, Bagdam Espace Lesbien, Beit-Haverim, CARITIG, Centre Gai et Lesbien de Lille, Coordination des Lesbiennes en France, Collectif Contre l'Homophobie de Montpellier, Conservatoire des Archives et des Mémoires homosexuelles, David et Jonathan, Etudes et Recherches sur les Orientations Sexuelles (EROS), Femmes publiques, Les Flamands roses, la FSU, Gay-Kitsch-Camp, Homosexualités et Socialisme (HES), Homoboulot, International Lesbian and Gay Association, ILGA-Europe Paris 2005, Inter LGBT, INTER CENTRES LGBT, Ligue des Droits de l'Homme (France), Ligue des Droits de l'Homme (Belgique), La Lune, Mémoire Gaie, Les Panthères roses, Sida Info Service, SNEG, SOS homophobie,

ET : Pierre Albertini (historien, lycée Condorcet), David Auerbach (responsable associatif), Clémentine Autain (adjointe au maire de Paris), Robert Badinter (sénateur, ancien ministre), Nicolas Balutet (hispaniste, Université de Strasbourg), Christine Bard (historienne), Celia Baudu (technicienne), Denis Baupin (adjoint au maire de Paris), Edouard Bera (avocat au barreau de Paris), Sandra Boehringer (historienne, Université de Strasbourg), Flora Bolter (responsable associative), Eric Bordas (littéraire, Université Paris III), Daniel Borrillo (juriste, Paris X-Nanterre), Patrick Bray (doctorant, Harvard), Luc Brisson (philosophe, CNRS), Hussein Bourgi (chargé de mission, mairie de Montpellier), Marie-George Buffet (députée, ancienne ministre), Pierre-Olivier de Busscher (directeur de Sida Info Service), Patrick Cardon (éditeur), Alexandre Carelle (cadre culturel), Sylvain Cavaillès (écrivain) , Thomas (bibliothécaire, Université de Savoie), George Chauncey (historien, Université de Chicago), Sébastien Chauvin (sociologue, Université de Chicago), Natacha Chetcuti (doctorante, sociologie, EHESS), Michel Chomarat (Chargé de mission, mairie de Lyon), Lionel Choukroun (Directeur des Ressources Humaines), Micheline Convert (retraitée), Marianne Closson (littéraire, université d'Artois), François Cusset (écrivain), Erwann Debos (ingénieur), Orion Delain (photographe), Christine Delphy (sociologue, CNRS), Catherine Deschamps (sociologue), Florence Dupont (latiniste, Paris VII), Laurent Fabius (député, ancien premier ministre), Eric Fassin (sociologue, ENS), Michael Faure (sociologue), Maggie Flinn (littéraire, Université d'Illinois), Olivier Ferrand (maire adjoint du 3e arrdt de Paris), Geneviève Fraisse (philosophe, CNRS, députée au Parlement européen), Sandra Céline Frey (socio-politologue), Anne-Francoise Garreta (écrivaine, littéraire Rennes II), Monseigneur Gaillot (évêque), Christophe Girard (adjoint au maire de Paris), Christophe Gendron (éditeur), Raymonde Gérard (professeur de lettres honoraire, université de Picardie), Martine Gross (ingénieur de recherches, CNRS), David Halperin ( helléniste, philosophe, University of Michigan), Christelle Hamel (sociologue, EHESS, Université de Dijon), Serge Hefez (psychiatre), Ghislaine Hierso (économiste), Sylvie Hierso (professeur de lettres), Armand Hotimsky (sexotherapeute), Guillaume Huyez, (sociologue, EHESS), Christiane Klapisch-Zuber (historienne, EHESS), Marc Jaffeux (auteur dramatique, librettiste), Jean-Louis Jeannelle (littéraire, Université Paris IV), Gildas Le Berre (poète, responsable associatif), Raphaëlle Legrand (musicologue, Paris IV), Gonzague de La Rocque (médecin, sexologue) , Patrick Lozès (pharmacien), Noël Mamère (député, maire de Bègles), Philippe Mangeot (rédacteur en chef, Vacarme), Stéphane Martinet (maire adjoint du 11e arrdt de Paris), Joelle Matos (productrice, Canal +), Philippe Meynard (conseiller municipal de Barsac), Rostom Mesli (responsable associatif), Mohammed Mezziane (étudiant, EHESS), Jean-Pierre Michel (senateur, conseiller général), Janine Mossuz-Lavau (politologue, EHESS), Pierre Moscovici (député, ancien ministre), Cyril Nouveau (économiste, ENS, Cepremap), Ruwen Ogien (philosophe, CNRS), Guilhem de Pastors (communiquant), Alain Piriou (responsable associatif), Evelyne Pisier (professeur de droit public et de sciences politiques, Paris I), Jean-Manuel de Queiroz (sociologue, Rennes II), Jean-Christian Régnier (journaliste), Matteo Residori (italianiste, Paris III), Thierry Revol (médiéviste, Université Strasbourg II), Angelo Rinaldi (de l'Académie francaise, rédacteur en chef du Figaro littéraire), Yannick Ripa (historienne, Paris VIII) , Jean-Luc Romero (président d'Aujourd'hui, Autrement), Malik Salemkour (cadre territorial), Thierry Schaffauser (travailleur du sexe), Georges Sidéris (historien), Robert Simon (administrateur civil), Pierre Serne (conseiller municipal de Vincennes), Vincent Simonet (littéraire, Université de Reims), Anne Sinclair (journaliste), Anne Souyris (conseillère régionale), Alexis Spire (sociologue, CNRS), Dominique Strauss-Kahn (député, ancien ministre), Florence Tamagne (historienne, Université de Lille), Michel Tubiana (avocat), Helene Vecchiali (consultante en ressources humaines), Paul Veyne (historien), Dominique Voynet (ancienne ministre, sénatrice), Malik Zidi (acteur).

CORRESPONDANTS ÉTRANGERS : Angleterre : Peter Tatchell ; Belgique : Dan Vam Raemdoncq ; Brésil : Luiz Mott ; Bulgarie : Aksinia Gentcheva ; Canada : Pierre Blain ; Colombie : Juan Pablo Cadavid ; Corée : Huso Yi ; Equateur : Francisco Guayasamin ; Espagne : Pedro Gonzalez Perez ; Inde : Ashok Row Kavi ; Irlande : Brian Finnegan ; Malaisie : Au Waipang ; Pologne : Yga Kostrzewa, Michal Pawlega ; Portugal : Fernando Cascais, Albino Cunha, Paulo Corte-Real ; Ukraine : Vlasdilav Topchev.

[b] SEPT QUESTIONS A PROPOS DE LA JOURNEE MONDIALE DE LUTTE CONTRE L'HOMOPHOBIE

1° Quels sont les objectifs pratiques de cette Journée ?

En pratique, notre premier objectif est de susciter des actions. Elles pourront prendre des formes très diverses : un débat dans une classe, une exposition dans un café, une animation dans la rue, une émission à la radio, une projection dans une maison de quartier, une table ronde organisée par un parti politique, un concours de nouvelles lancé par un journal, une campagne de sensibilisation menée par un syndicat, etc. Ces initiatives pourront êtres portées par des associations LGBT (lesbiennes, gaies, bi et trans), par des organisations de défense des droits humains, mais aussi par des citoyennes et des citoyens de tous horizons. En effet, aujourd'hui, de nombreuses personnes qui ne s'intéressaient pas spécialement à l'homosexualité se sentent de plus en plus interpellées par ce problème qu'est l'homophobie.
Le second but de cette Journée est de coordonner et rendre visibles les actions. Si elles ont lieu le même jour, elles seront d'autant plus visibles et efficaces. Et si ce jour devient un rendez-vous annuel, les médias et l'opinion publique seront d'autant plus attentifs aux questions soulevées, ainsi qu'aux progrès ou reculs constatés. Par ailleurs, ceux qui coordonnent cette Journée pourront faire le compte rendu des actions menées, renseigner les journalistes et favoriser les échanges de bonnes pratiques entre les acteurs de terrain.
Ce projet a un troisième objectif : il s'agit d'inscrire cette Journée au calendrier national dans un maximum de pays, et ensuite, pourquoi pas, de la faire adopter au niveau international. Evidemment, c'est une visée lointaine, si ce n'est utopique. Mais la reconnaissance officielle n'est pas seulement un symbole, encore les symboles sont-ils une chose essentielle, on le sait bien. Elle contribuera à la pérennisation du combat. Elle permettra aussi de montrer que la lutte contre l'homophobie n'est pas seulement l'affaire des personnes homo, bi ou trans, mais qu'elle relève pleinement de l'autorité publique et de la volonté de l'ensemble de la société.

2° Vaut-il mieux parler d'homophobie, ou de LGBTphobie ?

Le mot "LGBTphobie" devrait permettre de tenir compte à la fois des lesbiennes, des gais, des bi et des trans. Malheureusement, ce qu'on voudrait gagner en visibilité, on le perd en fait en lisibilité. Le mot "homophobie" est aujourd'hui connu, et reconnu, dans un grand nombre de pays. Le mot "LGBTphobie" est, lui, à peu près inconnu dans la plupart des pays du monde. Par ailleurs, certains suggèrent même LGBTQphobie pour inclure les "queer". Pourquoi pas en effet ?
Selon nous, tout est affaire de contexte. Une "Journée mondiale de lutte contre la LGBTphobie" aurait évidemment peu de chances d'être comprise du grand public, et encore moins d'être reconnue par les instances nationales ou internationales. Nous n'y gagnerions pas beaucoup. Et c'est pourquoi nous préférons la formule "Journée mondiale de lutte contre l'homophobie", à condition de rappeler sans cesse au grand public que notre combat ne concerne pas seulement l'homosexualité masculine, mais qu'il s'agit tout autant des lesbiennes, des bi et des trans. Dans ces conditions, l'expression LGBT nous paraît très utile afin de mettre en évidence la diversité des problèmes évoqués.
En effet, l'homophobie concerne les lesbiennes (lesbophobie), les gais (gaiphobie) et les personnes bisexuelles (biphobie). Par ailleurs, notre engagement nous porte aussi à combattre la transphobie qui, quoique distincte de l'homophobie puisqu'elle concerne l'identité de genre et non l'orientation sexuelle, renvoie malgré tout à des dispositifs sociaux souvent proches des logiques homophobes elles-mêmes.
En définitive, nous refusons les exclusives. Nous parlons de la "Journée mondiale de lutte contre l'homophobie", mais nous tenons aussi à rappeler au grand public que nous nous battons pour les droits des lesbiennes, des gais, des bi et des trans, c'est-à-dire pour les personnes LGBT, et contre toutes les discriminations en général.

3° Qu'en est-il justement des autres discriminations ? Cette Journée contre l'homophobie ne risque-t-elle pas des les occulter ?

Non. S'il importe d'envisager la Discrimination comme un phénomène général, il est nécessaire de la combattre aussi sous ses formes spécifiques –et l'homophobie est l'une de ces formes. Faute de quoi, le discours et l'action demeurent dans l'abstraction, dans l'indifférenciation, si ce n'est dans la confusion.
C'est d'ailleurs l'un des intérêts de la Journée internationale de la femme. Elle permet de mettre l'accent de manière spécifique sur l'inégalité entre les sexes. De même, la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie permettra de mettre l'accent de manière spécifique sur l'inégalité entre les sexualités.
Cependant, la lutte contre l'homophobie débouche nécessairement sur l'affirmation des droits sexuels en général, qu'il s'agisse du sexe, du genre, de l'identité de genre ou de l'orientation sexuelle. C'est pourquoi elle rejoint le combat contre le sexisme ; ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les personnes les plus sexistes sont souvent, en même temps, les plus homophobes. Mais elle rejoint aussi la lutte contre le sida et contre toutes les infections sexuellement transmissibles, l'autonomie sexuelle ne pouvant guère s'exercer sans un accès minimal à l'information et aux soins.
Enfin, la lutte contre l'homophobie débouche aussi sur l'affirmation des droits humains en général. Du reste, les associations LGBT s'engagent souvent bien au-delà des problématiques sexuelles, et elles se trouvent ainsi à l'unisson de nombreux autres mouvements sociaux dont elles sont bien sûr solidaires. Dans ces conditions, la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie favorisera le rapprochement entre les associations LGBT et les associations de défense des droits humains.

4° En quoi la Journée Mondiale se distingue-t-elle de la Marche des Fiertés ?

Ces deux événements se distinguent précisément dans la mesure où ils se complètent :
- au niveau du principe : les Marches mettent l'accent sur la fierté des lesbiennes, des gais, des bis et des trans, qui refusent l'opprobre ; la Journée mondiale, elle, montre que la véritable honte, c'est l'homophobie, laquelle doit être déconstruite dans ses logiques sociales et combattue sur le terrain ;
- au niveau de la pratique : à travers la Marche des fiertés, nous sortons dans la rue pour nous faire entendre de la société civile ; à travers la Journée mondiale, nous rentrons dans la société civile pour porter le débat au cœur même des institutions, des écoles, des quartiers, etc. On le voit, les deux démarches sont tout à fait symétriques et complémentaires.
Par ailleurs, certaines personnes qui, quoique sensibles au problème de l'homophobie, pensent ne pas avoir leur place au sein d'une Marche des Fiertés, pourraient malgré tout apporter leur contribution à travers l'alternative que constitue une Journée contre l'homophobie. De manière analogue, mais à l'échelle internationale, dans certains pays où l'organisation d'une Marche des Fiertés est manifestement impossible, une action contre l'homophobie pourrait être envisagée à l'occasion de la Journée mondiale, surtout lorsque, officiellement du moins, l'homosexualité n'est pas condamnée par les lois en vigueur. En ce sens, la Journée mondiale peut constituer un levier politique prolongeant l'action des fiertés pour les personnes ou les pays qui ne peuvent pas (ou ne veulent pas) s'inscrire dans la logique de celles-ci. Mais dans l'ensemble, il est clair que ces deux démarches sont à la fois nécessaires et complémentaires.

5° Parler d'homophobie, n'est-ce pas se complaire dans une attitude de victimes ?

Il est peu probable que les victimes de l'homophobie aient lieu de se complaire dans un pareil rôle. Les actes et les discours homophobes sont une réalité qu'on ne peut (plus) ignorer. Notre but est précisément de dénoncer les violences passées et présentes pour prévenir, ou du moins limiter, les violences futures. Le problème n'est pas l'homosexualité, mais l'homophobie : nous devons donc concentrer nos efforts sur ce terrain.
Que nous le voulions ou non, nous sommes toutes et tous des enfants de l'homophobie. Cependant, le combat que nous menons contre elle, et d'abord en nous-mêmes, nous rend plus forts qu'elle-même. Loin de nous affaiblir dans une attitude de victimes, la connaissance des mécanismes de l'homophobie sociale fait de nous des sujets plus autonomes. C'est pourquoi l'affirmation d'une politique LGBT ne peut se faire sans une déconstruction préalable des logiques qui la rendaient jusqu'alors impossible, et qui la rendent désormais nécessaire.

6° La Journée Mondiale prendra-t-elle la même forme un peu partout ?

C'est peu probable. L'homophobie prenant des formes très diverses selon les espaces géographiques ou sociaux, les réponses apportées seront certainement très différentes elles aussi.
Dans de nombreux pays du Sud, le problème réside dans le mariage forcé (hétérosexuel bien sûr), notamment pour les femmes ; dans de nombreux pays du Nord, c'est l'interdiction du mariage (homosexuel bien sûr) qui est au cœur des débats. Dans certains milieux, les hommes sont exclus ou lynchés sur la place publique, tandis que les femmes sont enfermées ou punies dans le silence des gynécées. Dans certains cas, l'homophobie s'exerce au nom de Dieu, dans d'autres cas, au nom de la Science. Parfois, l'homosexualité est condamnée mais les transgenres sont "tolérés", et parfois c'est l'inverse. Selon les cas, la bisexualité est regardée comme un moindre mal ou comme le comble du vice, etc.
Bref, les situations sont multiples, et le travail de coordination générale ne pourra que révéler la couleur originale et spécifique des initiatives menées ici et là. De fait, depuis quelques décennies, de nombreuses actions très positives ont vu le jour. Les marches des fiertés ont lieu un peu partout dans le monde et sont de plus en plus nombreuses. En 1996, l'Afrique du Sud a ouvert la voie (bientôt suivie par l'Équateur) en affirmant dans sa constitution l'égalité entre tous les citoyens, quels que soient leur sexe, leur identité ou leur orientation sexuelle. Par ailleurs, depuis quelques années, existe aux Etats-Unis une journée du souvenir pour les victimes d'actes transphobes. Désormais, elle est aussi célébrée par des associations en Espagne, en France, au Chili et au Canada. Et depuis 2003, le Canada organise chaque année une Journée nationale de lutte contre l'homophobie dont nous devons nous inspirer.
Enfin, au-delà des initiatives locales ou nationales, deux faits retiennent notre attention dans la mesure où ils mettent en jeu les instances internationales. Le premier concerne la récente résolution présentée par le Brésil à la Commission des Droits de l'Homme des Nations Unies pour faire reconnaître les droits des personnes LGBT. Bien entendu, nous ne pouvons que soutenir cette initiative et nous espérons qu'elle pourra être votée au plus tôt, malgré les obstacles rencontrés jusqu'ici. Le second fait est un peu plus ancien, mais n'est pas moins significatif : le 17 mai 1990, l'Assemblée générale de l'Organisation Mondiale de la Santé supprimait l'homosexualité de la liste des maladies mentales. Ce faisant, elle entendait mettre fin à plus d'un siècle d'homophobie médicale. Dès lors, poursuivant cette logique historique, nous souhaitons que le Haut-Commissariat aux Droits de l'Homme et la Commission des Droits de l'Homme des Nations Unies condamnent également l'homophobie dans ses manifestations politiques, sociales et culturelles en reconnaissant cette Journée. La décision de l'OMS constitue pour nous une date historique et un symbole fort : nous proposons donc que cette Journée mondiale ait lieu chaque année le 17 mai.

7° Quel est donc le calendrier des actions à venir ?

Dans un premier temps, sur la base du texte proposé, nous voulons obtenir un maximum de signatures, par internet ou sur papier, dans un maximum de pays. Elles peuvent émaner d'associations LGBT, d'associations liées à la défense des droits humains, de syndicats, de partis politiques, de citoyennes, de citoyens, etc. Nous souhaitons également obtenir le soutien de l'ILGA (International Lesbian and Gay Association) et de ses branches continentales lors des prochaines réunions (à Katmandou, Budapest et Santiago du Chili).
Ayant réuni un maximum de soutiens, nous voudrions fixer au 17 mai 2005 la première Journée mondiale de lutte contre l'homophobie. Dans tous les pays où cela sera possible, la pétition pourra être remise officiellement aux autorités nationales ce même jour, de manière symbolique. Cela ne peut que renforcer la dimension internationale de notre engagement, et aider celles et ceux qui se trouvent dans des pays où ces actions ne sont pas encore possibles. Dès lors, nous pourrons dresser un premier bilan qui permettra d'améliorer et d'amplifier les initiatives des années à venir. Nous espérons que notre requête pourra être présentée aux Nations Unies dès la deuxième année ou, le cas échéant, la troisième ou la quatrième année, c'est-à-dire dès que la Journée mondiale aura pris suffisamment d'ampleur pour être présentée de manière significative.Évidemment, nous ne savons pas quand les Nations Unies reconnaîtront la légitimité et l'importance de nos actions, mais cela ne nous empêche pas de continuer notre combat contre l'homophobie et pour les droits des lesbiennes, des gais, des bi et des trans dans tous les pays du monde.

Louis-Georges Tin
Manchester, août 2004


L'INTER CENTRES LGBT fédère les CGL de France et leurs Membres associés.
Les 33 Membres de l'INTER CENTRES LGBT sont les huit CGL d'Angers, Lille, Lyon, Metz, Paris, Reims et Toulouse, et leurs 25 Membres associés à Bordeaux, Caen, Chartres, Chauny, Cherbourg, Dijon, Grenoble et Lyon, au Mans, à Marseille, Mont-de-Marsan, Nancy, Nice, Nîmes, Nouméa, Orléans, Rennes, Rivière-Salée, Rouen et Sarreguemines, au Tampon, à Tours, Troyes et Valence.
Les 33 Membres de l'INTER CENTRES LGBT fédèrent 2.363 militantEs et 125 organisations LGBT à travers toute la France.
Les 33 Membres de l'INTER CENTRES LGBT accueillent environ 23.438 personnes par an (données 2003 recueillies auprès de 12 Membres sur 33).
L'INTER CENTRES LGBT est soutenue par le Syndicat national des entreprises gaies.


Version anglaise
INTER CENTRES LGBT
(French Gay and Lesbian Centers Federation)

PRESS RELEASE N°IC/CP/04/21
Angers (Maine-et-Loire, France), Friday, October 8th 2004

The struggle against discrimination, and for equality

"ILGA-EUROPE PARIS 2005" AND THE FRENCH GAY AND LESBIAN CENTERS FEDERATION CALL FOR AN INTERNATIONAL HOMOPHOBIA AWARENESS DAY

("ILGA-Europe Paris 2005" and "INTER CENTRES LGBT" sign up to an appeal launched by the French intellectual Louis-Georges Tin)

§1-/ "ILGA-Europe Paris 2005" and the French Gay and Lesbian Centers Federation call for an International Homophobia Awareness Day/ Undoubtedly, the situation of lesbian, gay, bi and trans (LGBT) people went better in the last few years, and they are more respected now, but it should not be forgotten that these slow developments do nothing to compensate for what has been a considerable delay. Discrimination remais very common here in France. Abraod, the question is not about making up for lost time, but it is about preventing things from being worse. The situation of our LGBT foreign brothers and sisters is very close to our hearts. We express solidarity with them not only as a duty. This is also one of the key points of an all-inclusive strategy in the fight against discrimination in France itself. Our goal is to make clear, by constant pressure in regard to equality, that we shall not admit of any retreat in the forward march towards this equality, even if a retreat might leave us in a slightly better situation than our foreign brothers and sisters. According to us, what is unacceptable is not the advances we could make, as some seem to believe, but the delays our overseas friends have to face before equality.

§2- The positive evolution of the Western societies should not generate more incomprehension between the cultures of the world. We support LGBT people and we claim for respect, here as in the rest of the world. We feel particularly concerned with the situation of our friends from some coutries such as Poland or Serbia, and our friends from some Mediterranean and Middle East countries. For these and other reasons, the International Homophobia Awareness Day will respond to the needs of French Gay and Lesbian Centers. It allows them to supply better information on LGBT questions to the French society. The Day would also improve their ability to help and defend the 23,000 people each year, in France, who seek their support. (In comparison, we can reveal that International Women’s Day had such a beneficial effect on the condition of women in France.)

§3- Some early initiatives in this direction have already been carried out by members of the French Gay and Lesbian Centers Federation. Ever since March 1999, "les Flamands roses", an associate member of the Gay and Lesbian Center of Lille, has organized an annual Day to promote a high level of LBGT visibility and to include time for debate and reflexion. "Homophobia and Police Force" was the 2002 theme, followed by "Homophobia in Education" in 2003, and, recently, "Homophobia in the Workplace" in 2004. Moreover, recently, on June 2nd, French association "SOS homophobie" and Gay and Lesbian Center of Paris sponsored by the Regional Council of Île-of-France, organized a "regional day of action against homophobia, lesbophobia, biphobia and transphobia". Today, "ILGA-Europe Paris 2005" and the French Gay and Lesbian Centers Federation signed up to an appeal "Towards an International Homophobia Awareness Day" launched by Louis-George Tin, president of "An Nou Allé!" (associate member of the Federation in Martinique), and chief editor of the Dictionnaire de l'Homophobie (Presses Universitaires de France, 2003). This initiative should favour international solidarity and peace, which they want to promote.

[English translation of the above French original text. In the event of any differences between the English translation and the French original, the French text shall prevail. Translated thanks to T.E.]

[a] TOWARDS AN INTERNATIONAL HOMOPHOBIA AWARENESS DAY

For an international recognition of Lesbians, Gays, Bisexuals, and Trans People

"According to an opinion widely held, homosexuality is said to be freer today than ever before. It is present and visible everywhere : in the street, in the newspapers, on television, at the movies. It is even supposedly completely accepted, judging by the recent legislative advances made in many countries for the recognition of same sex couples. Certainly, some work remains necessary in order to eradicate the last vestiges of discrimination. But with changing public opinion, it will only be, according to some people, a matter of time, the time needed for a movement begun many decades earlier to achieve its goals.

"For the slightly more attentive observer, the situation is globally very different. To tell the truth, the 20th century has undoubtedly been one of the most violently homophobic periods of history: deportation to concentration camps under the Nazi regime, Soviet gulags, blackmail and persecution in the United States in the McCarthy era... Obviously, all of that can seem very distant to us now. But quite often living conditions in the world today remain very unfavorable. Homosexuality is discriminated against everywhere: in at least 80 countries, homosexual acts are forbidden by law (Algeria, Senegal, Cameroon, Ethiopia, Lebanon, Jordan, Armenia, Kuwait, Puerto Rico, Nicaragua, Bosnia...); in many countries, the punishment can exceed ten years in prison (Nigeria, Libya, Syria, India, Malaysia, Cuba, Jamaica...); sometimes, the law prescribes life imprisonment (Guyana, Uganda). And in a dozen countries, capital punishment may be actually carried out (Afghanistan, Iran, Saudi Arabia...). In Africa, recently, several presidents have brutally acted on their will to combat personally this "scourge" which they consider "anti-African". Even in other countries where homosexuality is not considered a crime, persecutions have multiplied. In Brazil, for example, death squads and skin heads spread terror: 1,960 homophobic murders have been officially reported between 1980 and 2000. In these conditions, it is difficult to think that "tolerance" is gaining ground. On the contrary, in the majority of these nations, homophobia appears more violent today than ever before. The tendency is not, therefore, towards a general improvement, far from it.

"This is why we propose an International Homophobia Awareness Day. It will have as a goal to articulate action and reflection in order to struggle against all physical, moral, or symbolic violence related to sexual orientation or to gender identity. It intends to inspire, support, and coordinate all initiatives contributing to the equality among citizens in right, as well as in fact, and to achieve this in all countries where action is possible. The organization of an official day for the fight against homophobia in each country will allow us to place our struggle within a campaign of solidarity with all Lesbian, Gay, Bisexual, and Trans persons (LGBT) around the world. But it is also a question of placing our struggle within a wider campaign for the defence of human rights. For many decades now, across the globe, numerous actions have been led in this perspective, not without success. We see ourselves as inheritors of this tradition: we want to reinforce the achievements already won, we want to give more visibility to future causes, and we call upon national and international public authorities to recognize this Day in the official calendar, following the example of the International Women's Day or World Aids Day. The recognition of such a Day would then be a determined commitment on the part of the international community, which has already come together to fight many other forms of discrimination and social violence, but has not yet addressed subjects related to LGBT rights. Now is the time."

This text was written by Louis-Georges Tin, editor of the Dictionnaire de l'homophobie (Presses Universitaires de France, 2003). If you also support this initiative, and if you want there to be an International Homophobia Awareness Day officially recognized on the national and international calendar, please sign and encourage others to sign this petition.

[b] SEVEN QUESTIONS AND ANSWERS ABOUT THE INTERNATIONAL HOMOPHOBIA AWARENESS DAY

1) What are the practical objectives of this Day?

In practice, our first objective is to provoke action. Actions could take on a number of different forms: a debate in the classroom, an exhibition in a cafe, a demonstration in the street, a radio program, a screening in a neighbourhood home, a round table organized by a political party, a short story competition sponsored by a newspaper, an awareness campaign led by an association, etc. These initiatives could be backed by LGBT (Lesbian, Gay, Bi, Trans) associations, by human rights organizations, but also by women and men of any background and interest. In fact, today many people who are not specifically interested in questions of homosexuality are worried about the problem of homophobia.
The second goal of this Day is to coordinate and increase the visibility of our efforts. If all our efforts happen the same day, they will be all the more visible and efficient. And if the day becomes an annual meeting, the media and public opinion will be all the more attentive to the questions brought up, as well as to ground gained or lost. Moreover, those who coordinate this Day could report back the results of the efforts, informing journalists and favoring exchanges of successful actions among the local organizers.
This project has a third objective : to place this Day on the national calendar in a maximum number of countries, and then, why not, to have it adopted on an international level. Obviously, this is a long term objective, if not an ideal. But official recognition is not just a symbol, since even symbols have real power, as we all know. Recognition will contribute to the persistence of the fight. It will also make it possible to show that the fight against homophobia is not only the business of gay, bi or trans people, but that it is the full responsibility of public authorities and the will of the whole of society.

2) Is it better to talk about homophobia, or LGBTphobia?

The word "LGBTphobia" is supposed to allow the inclusion at the same time of Lesbians, Gays, Bisexuals, and Trans people. Unfortunately, what is gained in inclusiveness is lost in readability. The word "homophobia" is today known and recognized in a large number of countries. The word "LGBTphobia" is relatively almost unknown to the majority of countries in the world. Moreover, some people suggest "LGBTQphobia" in order to include "queer" people. And why not ?
In our opinion, everything depends upon context. An "International LGBTphobia Awareness Day" would obviously have little chance at being understood by the public at large, and even less of being recognized by national and international authorities. We wouldn't get very far. And that is why, we prefer the term "International Homophobia Awareness Day", on condition of constantly reminding the public that our fight does not just concern masculine homosexuality, but it is just as much about Lesbians, Bisexuals, and Trans individuals. In these conditions, the expression LGBT seems to us very useful in evoking the diversity of problems faced.
In fact, homophobia concerns Lesbians (lesbophobia), Gays (gayphobia), and Bisexuals (biphobia). Moreover, our commitment leads us to fight transphobia, which, although distinct from homophobia since it concerns gender identity and not sexual orientation, refers to social mechanisms often close to homophobic logic.
When all is said and done, we refuse any terms that exclude. We talk about an "International Homophobia Awareness Day" , but we also insist upon reminding the greater public that we are fighting for the rights of Lesbians, Gays, Bis and Trans, that is to say for LGBT persons, and against all forms of discrimination in general.

3) What is the status of other types of discrimination? Does this Homophobia Awareness Day risk obscuring them?

No. Since it is important to invision Discrimination as a general phenomenon, it is necessary to fight it also in its specific forms – and homophobia is one of these forms. Without which, discussion and action would lead into abstraction, indifference, if not all out confusion.
This is, by the way, one of the main interests of International Women's Day, which emphasizes in a specific way the inequality between the sexes. Similarly, International Homophobia Awareness Day will emphasize in a specific way the inequality among sexualities.
However, the fight against homophobia necessarily leads to the affirmation of sexual rights in general, whether it's a question of sex, gender, gender identity, or sexual orientation. This is why the fight against homophobia reinforces the fight against sexism; it is moreover not a coincidence that the most sexist individuals are often also the most homophobic. But the fight against homophobia also reinforces efforts against AIDS and against all sexually transmitted diseases, sexual autonomy can hardly exist without the basic access to information and treatment.
Finally, the fight against homophobia also leads to the assertion of human rights in general. What's more, LGBT associations are very often engaged in issues beyond the scope of sexuality, and they therefore find themselves working in unison with numerous other social movements with which they of course find solidarity. Given these conditions, International Homophobia Awareness Day will favor the strengthening of ties between LGBT associations and human rights associations.

4) In what way does the International Homophobia Awareness Day differ from Gay or LGBT Pride Day?

The two events differ precisely in as much as they complement one another :
-In principle: the annual LGBT Pride Day marches emphasize that Lesbians, Gays, Bisexuals and Transsexuals are proud of their identity and refuse to be shamed; The Global Day Against Homophobia highlights that in reality it is homophobia that is shameful and must be deconstructed in its social logic and fought against openly.
-In practice: through LGBT Pride Day, we march in the streets in order to be heard by civil society; through the Global Day Against Homophobia, we act as members of civil society to bring debate into our institutions, schools, neighbourhoods, etc. As we can see, the two tactics are entirely symmetrical and complementary.
In addition, individuals who are concerned about the problem of homophobia, but who think that they may not have a place in the LGBT Pride Day marches, are nonetheless provided a means to voice their concerns through the Global Day. Similarly, but on an international level, in those countries where it is impossible to organize a LGBT Pride Day march, a campaign against homophobia may be undertaken on the Global Day Against Homophobia, particularly where, officially at least, homosexuality is not condemned through enforced laws. In this way, the Global Day may constitute a political lever in addition to that provided by LGBT Pride Day campaigns for individuals or countries that cannot (or will not) participate in the organization of Pride marches.
Together, these two events are necessary, symmetrical and complementary to one another.

5) Don't those who speak out against homophobia just like portraying themselves as victims?

It is unlikely that victims of homophobia take pleasure in being victimized. Homophobic acts and speech are realities that we must not ignore (any longer). Our objective is precisely to denounce past and present violent acts in order to avert, or at least to limit, future ones. The problem is not homosexuality, it is homophobia : we must therefore focus our efforts on the root of the problem.
Whether we like it or not, we are all children of homophobia. However, the fight that we wage against homophobia, and starting first in ourselves, makes us stronger than it. Far from weakening us through victimization, promoting social awareness of homophobia helps us to become more autonomous individuals. This is why asserting a LGBT political agenda cannot be made without deconstructing the prevailing homophobic logic which made this agenda, until now, impossible, and which makes it from now on, imperative.

6) Will the International Day Against Homophobia be organized in a similar way throughout the world?

This is unlikely. Since homophobia manifests itself differently in different social and geographic climates, the appropriate responses to it will also certainly be different as well.
In many southern countries, the problem lies in forced (heterosexual) marriages, mostly for women ; in many northern countries, it is the right to (homosexual) marriage that is at the heart of the debate. In certain societies, homosexual men may find themselves either excluded or lynched in public; whereas homosexual women are locked up inside their homes or otherwise condemned to a life of isolation. In certain cases, homophobia is practiced in the name of God, in others, in the name of Science. Sometimes homosexuality is condemned but transsexuals are ‘tolerated', and sometimes it is the other way around. Depending on the context, bisexuality may be regarded as a minor fault or as the worst vice.
In short, there are many different possible strategies, and the work of general coordination will only reveal the wealth of specific initiatives that are implemented in different places. In fact, over the past few decades, countless positive accomplishments have been realized. LGBT Pride Day marches have been held around the world and in increasing numbers. In 1996, South Africa led the way (soon to be followed by Ecuador) by affirming the equality of all of its citizens in its constitution, regardless of their gender identity or sexual orientation. To take another example, over the past few years, a day of national remembrance, commemorating the victims of transphobic acts of violence, has been observed in the United States. Ever since then, a day of remembrance is also celebrated by associations in Spain, France, Chili and Canada. And since 2003, Canada has organized an annual 'National Day Against Homophobia', which should be an inspiration to us.
Finally, beyond local and national initiatives, two events demand our attention because they deal with international proceedings. The first concerns the recent resolution presented by Brazil to the United Nations Commission for Human Rights to recognize the rights of LGBT persons. Certainly, we must support this initiative and we hope that it will be voted upon soon, despite the obstacles faced until now. The second is an older issue, but no less significant: On 17 May 1990, the General Assembly of the World Health Organization removed homosexuality from their list of mental disorders. This action served to end more than a century of medical homophobia. From now on, following this historic decision, we wish that the United Nations High Commissioner for Human Rights and the United Nations Commission for Human Rights will also condemn homophobia in its political, social and cultural dimension by recognizing this International Day Against Homophobia. The decision of the WHO constitutes a historic date and powerful symbol for members of the LGBT community : we therefore propose that the International Day Against Homophobia take place each year on the 17th of May.

7) What is the schedule for upcoming events?

First, we want to obtain a maximum number of signatures in support of the proposed text, via the internet or on paper, in a maximum number of countries. They may come from LGBT associations, human rights groups, labor unions, political parties, concerned citizens, etc. We also want to guarantee the support of the ILGA (the International Lesbian and Gay Association) and its continental branch offices at upcoming meetings (in Kathmandu, Budapest and Santiago, Chili).
Once we have assembled enough support, we would like to set the date of May 17th, 2005 as the first International Day Against Homophobia. In as many countries as possible, the petition may be officially delivered to national authorities on the same day, as a symbolic gesture. This can only serve to reinforce the international dimension of our commitment, and help those who find themselves in countries where these types of undertakings are not yet possible. From then on, we can assess the outcome that will allow us to improve and broaden these initiatives in years to come. We hope that our request may be presented to the United Nations in the second year or, should that prove unfeasible, in the third or fourth year, that is to say when the International Day Against Homophobia draws enough support to allow it international recognition.
Obviously, we do not know when the United Nations will recognize the legitimacy and importance of our actions, but that does not stop us from continuing in our fight against homophobia and for the rights of Lesbians, Gays, Bisexuals and Trans persons in all countries.

Louis- Georges Tin
Manchester, UK, August 2004

(Translation from the French by Flora, Patrick, and Stephen)


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http://inter-centres-lgbt.org/10R/10Rcp10lgt.html
Mis en ligne le 9 octobre 2004

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