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INTER CENTRES LGBT COMMUNIQUÉ DE PRESSE N°IC/CP/04/04 Angers (49), le lundi 17 mai 2004 <Communiqué précédent | Agenda 9R | Communiqué suivant> * Prohibition du mariage des couples de même sexe L'INÉGALITÉ DEVANT LE MARIAGE EST UNE DISCRIMINATION (La fédération des CGL signe le manifeste du 16 mars pour l'égalité des droits) * Le tombeau de Cambacérès au Père-Lachaise,
division n°39 * §0- RÉSUMÉ-/ Communiqué
de l'INTER CENTRES LGBT, fédération française
des CGL et des militantEs qui se destinent à l'accueil des personnes LGBT (lesbiennes, gaies, bi & trans)/ Angers (49), le lundi 17 mai 2004/
L'inégalité devant le mariage est une discrimination homophobe
et LGBTphobe quotidienne/ Malgré le PaCS, les personnes LGBT
continuent de subir des discriminations quotidiennes. L'inégalité
devant le mariage est une de ces discriminations. Elle est aussi le double
verrou social et "légal" qui bloque la lutte contre toutes
les autres. Cependant, aucune loi ne réserve le mariage aux couples
de sexes différents. Les couples de même sexe doivent avoir
accès aux droits concrets et substantiels garantis par le mariage
dans la vie de tous les jours ; les couples mariés de sexes
différents dont l'unE des conjointEs veut changer de sexe ne doivent
plus se voir contraints au divorce. L'INTER CENTRES LGBT signe
le manifeste du 16 mars pour légalité devant le mariage
et demande l'adoption de dispositions prévoyant le changement de
sexe dans le cadre du mariage.
§1- Les CGL de France et leurs Membres associés constatent chaque jour que les personnes lesbiennes, gaies, bi et trans qu'ils accueillent subissent des discriminations constantes : parentalités LGBT ("homoparentalité"), harcèlements homophobes et LGBTphobes (à l'école ou au travail, dans les familles ou dans le voisinage, dans l'espace public ou dans les lieux de rencontre), statut des concubinEs ou des copacséEs de nationalité étrangère, pensions de réversion, égalité successorale... Ces questions dépassent le seul cadre de l'amélioration du PaCS. Elles ont vocation à se résoudre parallèlement à la question de l'inégalité devant le mariage qui, loin d'être anecdotique, apparaît comme le double verrou symbolique et juridique (ou jurisprudentiel) à une avancée décisive de la condition LGBT. §2- Il ne s'agit pas tant de vouloir se marier que de _pouvoir_ se marier : aujourd'hui encore, chaque publication de bans démontre que les personnes LGBT sont des sous-citoyenNEs, chaque célébration consacre l'inégalité devant le mariage comme matrice des discriminations homophobes et LGBTphobes dans notre société. Les couples de même sexe doivent pouvoir bénéficier comme les autres du droit au mariage qui est tout sauf secondaire puisqu'il apporte, dans la vie de tous les jours, des droits concrets et substantiels (droits parentaux, reconnaissance symbolique et sociale, acquisition de la nationalité française pour les conjointEs de nationalité étrangère, statut des conjointEs survivantEs...). §3- Depuis 1999, l'INTER CENTRES LGBT lutte pour l'égalité des droits et l'application à touTEs des valeurs de la République [a]. En 2002, elle estimait que les articles du code civil qui disposent des "qualités et conditions requises pour pouvoir contracter mariage" n'excluent pas expressément le mariage des couples de même sexe [b]. En 2003, elle invitait des éluEs municipaux à célébrer de tels mariages [c]. Le 7 mars dernier enfin, elle souhaitait que la France comme la Belgique les reconnaisse expressément [d]. §4- L'INTER CENTRES LGBT
estime que les couples de même sexe qui souhaitent se marier devraient
d'ores et déjà pouvoir publier leurs bans. Elle regrette
que des tribunaux de grande instance contraignent, au nom de la prohibition
du mariage des couples de même sexe, une personne trans déjà
mariée à divorcer pour obtenir son changement d'état
civil (alors que le parcours trans est déjà suffisamment
assorti de fragilisation sociale). §5- Soucieux d'améliorer la vie quotidienne de leurs usagerEs et de leur permettre d'acquérir ou de conserver les droits concrets et substantiels garantis par le mariage, les CGL de France et leurs Membres associés appellent à signer le manifeste pour légalité des droits et l'égalité devant le mariage lancé le 16 mars par le journaliste Didier Éribon et le juriste Daniel Borrillo (avec la sociologue Françoise Gaspard et les avocatEs Caroline Mécary, Emmanuel Pierrat et Yann Pedler). L'INTER CENTRES LGBT mandate le CGL Angers, "Quazar", assurant sa Présidence, pour signer en son nom ce manifeste [e]. Elle demande de plus l'adoption de dispositions prévoyant le changement de sexe dans le cadre du mariage.
Illustration : "Dans le sac !" (1814 ?)
[a] Préambule,
premier alinéa, et quatrième critère, cinquième
point, de la Charte des Centres lesbiens, gais, bi & trans de France
(adoptée lors des IIèmes Rencontres nationales Inter-CGL
à Paris, le 12 décembre 1999, modifiée lors des VIIèmes
Rencontres nationales INTER CENTRES LGBT à Lille, le 15 décembre
2002, modifiée lors des VIIIèmes Rencontres nationales INTER
CENTRES LGBT à Paris, le 12 juillet 2003, ratifiée par les
Membres titulaires le 7 octobre 2003).*
* http://inter-centres-lgbt.org/-/charteV3.html [b] Lettre mensuelle
du CGL Paris, Genres !, mai 2002, pp.6 et 7, dossier "Le
mariage selon Cambacérès", par Zoltán Puño.
Cf. code civil, livre I ("Des personnes"), titre V
("Du mariage"), chapitre I ("Des qualités
et conditions requises pour pouvoir contracter mariage"), art.144
à 164 (extraits) : Cf. également la lettre mensuelle du CGL Paris, Genres !, janvier 2003, pp.7 et 8, dossier "Vers l'union des homos en Europe ?", par Christophe Égron. [c] Intervention de
David Auerbach, secrétaire du Centre lesbien, gai, bi & trans
de Paris et Île-de-France, membre de la Commission de coordination
de l'INTER CENTRES LGBT, au cours du débat "Laïcité,
communautés et république" organisé le 22
août 2003 pendant les Journées d'été des Verts
à Marseille-Luminy.* [d] Communiqué
final (§5)* et conclusions (§27)** des IXèmes Rencontres nationales
INTER CENTRES LGBT. [e] Manifeste pour légalité des droits lancé le 16 mars 2004 dans le quotidien Le Monde : "Pétition aux Parlement, juges et maires français "Lagression dont a été victime Sébastien Nouchet, brûlé vif parce que homosexuel, a soulevé une vague démotion et dindignation. Elle a fait prendre conscience de quelle haine les gays, les lesbiennes, les transsexuel-les pouvaient faire lobjet en France comme ailleurs. Il semble quun large consensus se dessine aujourdhui pour organiser la lutte contre lhomophobie (il conviendrait cependant de ne pas oublier la lutte contre la transphobie). Mais nombre de ceux qui se déclarent prêts à soutenir des projets législatifs visant à pénaliser les injures homophobes ou les incitations à la haine et à la discrimination sont les mêmes qui hier sopposaient aux avancées de légalité des droits et notamment au Pacs. "Quen est-il aujourdhui ? Donner une définition restrictive de lhomophobie, en ne dénonçant que la haine à lencontre des homosexuels, et non pas toute politique discriminatoire à leur égard, reviendrait à permettre à nombre dhomophobes de faire part de leur compassion et de sauto-décerner des brevets de tolérance et de progressisme tout en refusant, comme auparavant, toute avancée vers légalité des droits. Il nous semble en effet homophobe et discriminatoire de refuser laccès des gays et des lesbiennes au droit au mariage et à ladoption, de refuser laccès des lesbiennes ou des femmes célibataires à la procréation médicalement assistée. Nous nous sommes réjouis de linstauration du Pacs et nous sommes très attachés à ce cadre juridique, souple et commode. Mais il nest quun élément dans la reconnaissance des couples de même sexe, qui doivent pouvoir bénéficier, sils le désirent, des mêmes droits que les couples hétérosexuels. "Le maire de San Francisco la récemment rappelé, par un geste spectaculaire : la constitution de lEtat de Californie comme la constitution américaine interdisent la discrimination et garantissent légalité des citoyens. Au cours des dernières années, les Cours suprêmes de lOntario, de la Colombie britannique, au Canada, et du Massachusetts aux Etats-Unis, ont également statué que linterdiction du mariage homosexuel violait le principe constitutionnel dégalité des droits. Les parlements de Belgique ou des Pays-Bas ont instauré le droit au mariage pour les couples de même sexe. La constitution française pose elle aussi le principe fondamental de légalité de tous devant la loi. Ce principe nest pas appliqué puisque des droits fondamentaux comme le droit de se marier sont refusés aux gays et aux lesbiennes. Nous demandons donc aux juges français de suivre lexemple de lOntario, de la Colombie britannique et du Massachusetts. Nous demandons aux parlementaires de suivre lexemple des Pays-Bas, de la Belgique. Nous demandons aux maires des communes de France de suivre lexemple donné par le maire de San Francisco et de célébrer des unions entre personnes du même sexe." Premiers signataires [au 16 mars
2004] : Clémentine Autain (adjointe au maire de Paris, chargée
de la jeunesse), Christine Bard (historienne), Philippe Bataille (sociologue),
Pierre Bergé (Président de la Fondation Pierre Bergé
Yves Saint Laurent), Jane Birkin (chanteuse), Daniel Borrillo (juriste),
Jacques Boutault (maire du 2ème arrondissement de Paris), Robin
Campillo (cinéaste), Laurent Cantet (cinéaste), Patrick
Cardon (Directeur du Centre de documentation GayKitschCamp, Lille), Sylvie
Chaperon (historienne), Jacques Derrida (philosophe, directeur détudes
à lEcole des hautes études en sciences sociales),
Catherine Deschamps (sociologue), Thomas Doustaly (Directeur de la rédaction
de Têtu), Florence Dupont (Professeur à luniversité
de Paris VII), Didier Eribon (philosophe), Eric Fassin (sociologue),
Jeanne Favret-Saada (anthropologue), Michel Feher (philosophe), Laurent
Ferron (historien), Olivier Fillieule (sociologue), Geneviève Fraisse
(directrice de recherche au CNRS, députée européenne),
Jean-Paul Gaultier (couturier), Françoise Gaspard (sociologue),
Christophe Girard (adjoint au maire de Paris chargé de la culture
et conseiller général), Bertrand Guillarme (philosophe),
Frédéric Haboury (éditeur), Marie-Elisabeth Handman
(anthropologue, Ecole des hautes études en sciences sociales),
Christophe Honoré (écrivain et cinéaste), Fabrice
Hybert (artiste), Jean-Baptiste Joinet (maître de conférences
à luniversité de Paris I), Pierre Lascoumes (Directeur
de recherche au CNRS), Elisabeth Lebovici (critique dart), Rémi
Lenoir (sociologue, directeur du Centre de sociologie européenne),
Nathalie Magnan (Professeur à lEcole des Beaux-Arts de Dijon),
Noël Mamère (député-maire de Bègles),
Philippe Mangeot (enseignant, rédacteur en chef de la revue Vacarme),
Arnaud Marty-Lavauzelle (médecin, ancien Président de Aides),
Dominique Mehl (sociologue), Caroline Mécary (avocate), Janine
Mossuz-Lavau (politologue, directrice de recherche au CNRS), Marc Morel
(Sida Info Droit), Laure Murat (historienne), Monique Nemer (éditrice),
Michelle (historienne, professeure émérite à
luniversité de Paris VII), Emmanuel Pierrat (avocat),
Pierre et Gilles (artistes), Yann Pedler (avocat), Evelyne Pisier (politologue,
professeure à luniversité de Paris I), Thierry
Pitois-Etienne (magistrat), Sabine Prokhoris (psychanalyste), Karim Ressouni-Demigneux
(historien dart), René Schérer (philosophe, professeur
émérite à luniversité de Paris 8), Olivier
Séguret (journaliste), Geneviève Sellier (professeure en
études cinématographiques à l'Université de
Caen), Claude Servan-Schreiber (journaliste), Georges Sidéris (historien),
Lionel Soukaz (cinéaste), Florence Tamagne (historienne, maîtresse
de conférences à luniversité de Lille III),
Benoît Tuleu (bibliothécaire), Michel Tort (psychanalyste),
Alain Touraine (sociologue, Ecole des hautes études en sciences
sociales), Agnès Tricoire (avocate), Michel Tubiana (Président
de la Ligue des droits de lhomme), Eleni Varikas (Maîtresse
de conférences à luniversité de Paris VIII),
Paul Veyne (professeur honoraire au Collège de France)
* INTER CENTRES LGBT
Alliance des Centres lesbiens, gais, bi & trans de France et de leurs Membres associés Les 31 Membres de l'INTER CENTRES LGBT sont les huit CGL d'Angers, Lille, Lyon, Metz, Paris, Reims et Toulouse, et leurs 23 Membres associés à Bordeaux, Caen, Chartres, Chauny, Cherbourg, Dijon, Grenoble et Lyon, au Mans, à Marseille, Mont-de-Marsan, Nancy, Nice, Nîmes, Nouméa, Orléans, Rennes et Rouen, au Tampon, à Tours, Troyes et Valence. Les 31 Membres de l'INTER CENTRES LGBT fédèrent 2022 militantEs et 102 organisations LGBT à travers toute la France. L'INTER CENTRES LGBT est soutenue par le Syndicat national des entreprises gaies. Le présent communiqué a été pour partie rédigé avec l'aide technique du CARITIG (centre d'aide, de recherche et d'information sur la transsexualité et l'identité de genre), membre de l'ILGA et du "Trans Networking Group" de l'ILGA-Europe.* * http://www.caritig.org/ * Lundi 17 mai 2004 à 00h01 (heure locale), le
Massachusetts est devenu "On a white field is a blue shield
emblazoned with the image * [f] "A civil covenant of solidarity [PaCS] is a contract entered into by two natural persons of age, of different sexes or of a same sex, to organize their common life..."* French civil code, book I ("Of persons"), title XII ("Of civil covenants of solidarity and of concubinage"), chapter I ("Of civil covenants of solidarity"), art.515-1 to 515-7 enacted by the Act n°99-944 of 15 Nov. 1999. A first private members' bill to that end was brought in at the "Assemblée nationale" on 25th November 1992 (under n°3066). - NB : the Act of 15 Nov. 1999 also open the legal definition of cohabitation to same-sex couples : "Concubinage is an union in fact, characterized by a life in common offering a character of stability and continuity, between two persons, of different sexes or of the same sex, who live in couple"* (French civil code, art.5158). * Translated by Georges Rouhette, Professor of the University of Clermont-Ferrand I (France), with the co-operation of Anne Berton, Professor of the University of Clermont-Ferrand II (France). To get the about 4.6-Mb html file presenting the whole french civil code : http://www.legifrance.gouv.fr/html/codes_traduits/code_civil_somA.htm V9IC__200405170217ICP_/V8DA__200405151150CC__/V7P_CC200405092057ICR_/ <Communiqué précédent | Agenda 9R | Communiqué suivant> http://inter-centres-lgbt.org/09R/09Rcp2mariage.html
Mis en ligne le 17 mai 2004 INTER CENTRES LGBT Alliance des Centres lesbiens, gais, bi & trans de France et de leurs Membres associés Association loi 1901 fondée le 12 décembre 1998, déclarée le 5 novembre 2003 (J.O. du 22 novembre 2003) contact@inter-centres-lgbt.org - http://inter-centres-lgbt.org/ c/o JEn Suis, JY Reste, Centre gai & lesbien de Lille - 19, rue de Condé - 59000 Lille Huit Membres titulaires : Arc-en-ciel 31 (Toulouse), CGL Paris, Couleurs Gaies - Centre LGBT de Moselle (Metz), Ex Æquo (Reims), FGL Lyon, JEn Suis, JY Reste (CGL Lille), Quazar (Angers) et Reims Liberté Gaie Vingt-trois Membres associés : Alter Égaux (Nancy), ARIS (Lyon), CGL Nîmes, CGL Rennes, CIGaLes (Dijon), C.I.GA.LE. (Grenoble), Enfants terribles (Caen), GAG Loiret (Orléans), HOMogênE (Le Mans) et Homo-Sphère (Nouméa) (Associations affinitaires), Mimi (Nice), Siegfried des anciens Enfants terribles (Cherbourg), François Garrido de lancienne Maison de lhomosocialité de Bordeaux, Bernadette de lancienne Maison des homosexualités de Touraine et Jean-Gabriel de l'ancienne Homosphère (Troyes) (Correspondants locaux), Agayri Sud-Est (Valence), Aisne Gaie (Soissons), Arc-en-ciel 28 (Chartres), Comme ça ! (Rouen), G2L (Mont-de-Marsan), Gay-Union (Le Tampon), Homonyme (Nancy) et Mémoire des sexualités (Marseille) (Observateurs) Données à jour au 5 mai 2004 UNIR LES FORCES MILITANTES, PARTAGER LES EXPÉRIENCES © INTER CENTRES LGBT - Merci de consulter les informations légales relatives à lutilisation des données du présent site Internet. LINTER CENTRES LGBT est soutenue par le Syndicat national des entreprises gaies. |
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