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INTER CENTRES LGBT PV8R ANNEXE N°A1 COMPTE RENDU INTÉGRAL (2/3) Samedi 12 et dimanche 13 juillet 2003 Avertissement : Le présent
compte rendu intégral des VIIIe Rencontres nationales INTER CENTRES
LGBT est une annexe du procès-verbal de ces Rencontres. Il n'est
pas soumis à l'approbation formelle des participant-e-s et n'a
pas la valeur officielle du compte rendu analytique. Seul le texte des
résolutions repris dans le relevé des résolutions
fait foi. Samedi 12
juillet - Première séance - "HIER" (Installation
des Rencontres)
Samedi 12 juillet - Deuxième séance - "AUJOURD'HUI" (Paroles de militant-e-s) Dimanche 13 juillet - Troisième séance - "DEMAIN" (Réflexions sur les valeurs et objectifs de l'Alliance) * Samedi 12 juillet - Deuxième
séance "AUJOURD'HUI" (Paroles de militant-e-s) *
§CRI-68- Le président
de séance prononce la reprise des travaux. Entrent en séance
à titre de personnes physiques invitées par la Commission
de coordination :
associations-membres du CGL Paris, et ;
§CRI-69- Quarante-deux personnes
physiques participantes sont autour de la table (dont huit femmes,
soit 19% des personnes physiques participantes). POINT
8-A- PRESENTATION D'ASSOCIATIONS-MEMBRES DU CGL PARIS (ARDHIS, BEIT
HAVERIM, CARITIG, LONG YANG CLUB, SOS HOMOPHOBIE) -B- EVOCATION DU ROLE
DES ASSOCIATIONS-MEMBRES DANS UN ESPACE INTER-ASSOCIATIF - RAPPORTEURS :
C.I.GA.LE. (GRENOBLE), CGL LILLE ET CGL PARIS : §CRI-70- Rappel de la position
préalable du CGL Rennes (12 juillet 2003, 7h52) : «Sans
commentaire - Mandat représentatif». POINT 8-A- PRESENTATION D'ASSOCIATIONS-MEMBRES DU CGL
PARIS (ARDHIS, BEIT HAVERIM, CARITIG, LONG YANG CLUB, SOS HOMOPHOBIE) : PRÉSENTATION DU CARITIG : §CRI-71- Armand Hotimsky présente
le Caritig
(Centre d'aide, de recherche et d'information sur la transsexualité
et l'identité de genre) dont la spécificité
est de prendre en compte la question trans dans son ensemble et
donc d'intégrer l'ensemble de la population transgenre :
travesti/es, transgendéristes, transsexuel/les, intersexuel/les,
drags etc. (ainsi que leurs proches et que les étudiants,
professionnels et autres personnes intéressées par
les questions de genre). Le Caritig a pour activités courantes
la publication d'un bulletin mensuel (TransGenre Actu) et
d'un site Internet (avec forums de discussions, chat et liste de
diffusion), l'organisation de débats, conférences,
réunions, rencontres et ateliers réguliers (à
Paris et en province), la tenue de permanences téléphoniques
et physiques et un engagement important au sein de l'ILGA. Début
2003, le Caritig a mis en place une nouvelle activité en
direction des personnes de province : chaque mois, il organise
une rencontre dans une ville différente. Le concept est simple :
chaque rencontre se déroule dans un cadre convivial et permet
aux personnes de se rencontrer (ce n'est pas une conférence).
Le but est de rompre l'isolement en créant une dynamique
régionale. Ces rencontres sont ouvertes à tous, adhérents
ou non, transgenres ou non, et ce dans le respect des différences.
Le succès de la première rencontre à Saint-Brieuc
en avril 2003 va amener à la création d'une antenne
dans la région Bretagne pour la rentrée de septembre
2003. Armand Hotimsky propose aux Membres de l'Alliance de participer
à cette aventure ! Autre nouvelle activité :
le Caritig a organisé pour la première fois en France
le DOR ( «Day Of Remembrance»), journée
de souvenir des victimes d'actes transphobes ; il invite les
Membres de l'Alliance à participer à cette manifestation
qui se déroule tous les ans, le 20 novembre. Enfin, Caritig
se place à la disposition des Membres pour organiser avec
eux des débats-conférences dans les régions.
(Coordonnées : 01 53 17 05 27 -
06 60 45 09 40 - caritig.org
- caritig@caritig.org -
BP 756, 75827 Paris Cedex 17.) >§CRA-68/71 §CRI-72- Laurent Ortunio présente
SOS homophobie.
L'Interpride s'interroge sur la vocation première de l'association :
recensement ou accompagnement ? Laurent Ortunio indique que
la vocation de SOS homophobie n'est pas seulement de recenser les
actes homo-, lesbo- et transphobes mais aussi d'accompagner, ne
serait-ce que par la ligne d'écoute (conseils etc.) :
SOS homophobie intervient ainsi auprès de patrons, d'hôtels
ou de voisins homophobes pour les rappeler à l'ordre lorsque
cela est nécessaire, une fois que les personnes victimes
ont transmis un dossier étayé. L'argent manque pour
des accompagnement en justice. SOS homophobie pointe aussi, par
ses communiqués de presse, des cas particuliers qui
passeraient sinon relativement inaperçus, afin de faire évoluer
la législation. Ex Æquo s'interroge sur les principaux
thèmes identifiés par l'association en 2002 :
Laurent Ortunio indique que les principales catégories d'actes
homophobes relèvent actuellement de l'homophobie au travail,
sur les lieux de rencontre ou dans la vie quotidienne (voisinage...).
HOMogênE s'interroge sur les possibilités de faire
remonter les informations collectés par les Membres de l'Alliance
vers SOS homophobie (de nombreuses personnes leur signalant les
actes homophobes dont elles ont été victime sans avoir
le courage ou sans voir la nécessité d'appeler SOS
homophobie). En effet, les 398 appels reçus en 2002 paraissent
pour le moins inférieurs au nombre réels d'actes homophobes.
Laurent Ortunio estime que le moyen privilégié de
recensement reste l'appel téléphonique de la victime
mais qu'il est possible d'envisager une collaboration avec les Membres
de l'Alliance pour les cas où, même informées
de l'existence et du numéro de téléphone de
SOS homophobie, les victimes ne veulent ou ne peuvent appeler. (Coordonnées :
Ligne d'écoute anonyme 0 810 108 135 du dimanche au vendredi
de 20h à 22h et le samedi de 14h à 16h - http://www.sos-homophobie.org/temoigner.php
- sos@sos-homophobie.org
- c/o CGL, 3, rue Keller, BP 255, 75524 Paris Cedex 11.) RÉSOLUTION IC/8R/11 : Sans opposition manifeste, L'INTER CENTRES LGBT MANDATE LA COMMISSION DE COORDINATION POUR RECHERCHER LES MOYENS D'UNE COLLABORATION AVEC SOS HOMOPHOBIE EN VUE D'ASSURER LE MEILLEUR RECENSEMENT DES ACTES HOMOPHOBES (LESBO-, GAI-, BI- ET TRANSPHOBES). >§CRA-72 §CRI-73- Hugues Drappier et Sandrine
Zerbib présentent l'Ardhis
(Association pour la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles
& transexuelles à l'immigration et au séjour)
qui assure une permanence hebdomadaire au CGL Paris le jeudi de
18h30 à 21h30. L'Ardhis assure une écoute et un accompagnement
des étrangers sans-papiers. Elle assure également
un soutien psychologique durant les démarches administratives.
En cas d'urgence, un numéro de téléphone vient
d'être mis en place suite à l'appel au CGL Paris, le
4 avril dernier, de deux Jordaniens retenus à l'aéroport
de Roissy en "ZAPI3 threat 1" (zone d'attente inaugurée
début 2001 dans l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle),
qui demandaient l'asile pour homosexualité et souhaitaient
connaître leurs droits. Hugues Drappier et Sandrine Zerbib
évoquent les difficultés liées à la
reconnaissance du PaCS par les préfectures dans le traitement
des dossiers de sans-papiers. L'Ardhis collabore en région
avec les ASTI (Associations de solidarité avec les travailleurs
immigrés) réunies dans la FASTI
(Fédération des associations de solidarité
avec les travailleurs immigrés). La Commission salue le sérieux
du travail de l'Ardhis, emmenée notamment par son Président,
Guillermo Rodriguez. (06 62 54 88 05 - ardhis.free.fr
- ardhis@writeme.com.) >§CRA-73 §CRI-74- Didier
K******** et Nazareth Agopian présentent AGLA France (Association
des gays et lesbiennes arméniennes de France). AGLA se heurte
au rejet du tissu associatif arménien en France, qui lui a attribué
le sobriquet de "Aglaë et Sodomie" (sic). Arménie,
seul pays européen clairement homophobe. Ainsi, AGLA n'est pas
acceptée lors des cérémonies de commémoration
du génocide arménien, le 24 avril. La candidature de l'association
au Conseil de coordination des organisations arméniennes de France,
présentée fin 2002, a été rejetée
sans motif le 9 avril 2003 par 11 voix contre 8 dans les termes suivants :
«[...] Le Conseil de coordination des organisations arméniennes
de France a examiné votre demande d'adhésion avec la plus
grande attention. Celle-ci a donné lieu à un débat
contradictoire et à un vote, conformément aux dispositions
statutaires du CCAF. J'ai le regret de vous confirmer le rejet de votre
candidature par une majorité d'administrateurs. Ce rejet ne revêt
aucun caractère définitif; votre association a la faculté
de renouveler sa demande d'adhésion. [...]». Suite
à ce rejet, AGLA demande le soutien de l'Alliance. AGLA compte
renouveler sa demande fin 2003. (Coordonnées : 06 75 20
69 74 - agla.info
- contact@agla.info.) RÉSOLUTION IC/8R/12 : Sans opposition manifeste, L'INTER CENTRES LGBT SOUTIENT AGLA FRANCE (ASSOCIATION DES GAYS ET LESBIENNES ARMÉNIENS DE FRANCE) FACE AUX DISCRIMINATIONS HOMOPHOBES RENCONTRÉES DANS SES RELATIONS AVEC LE CCAF (CONSEIL DE COORDINATION DES ORGANISATIONS ARMÉNIENNES DE FRANCE) ET MANDATE LA COMMISSION DE COORDINATION POUR LUI ADRESSER UNE LETTRE EN CE SENS. (Cf. annexe n°B1 : Lettre de soutien à AGLA France.) >§CRA-74 §CRI-75- Gilles S********* présente
Gaipar
(Gay international circle of Paris) qui a pour objet d'intégrer
les personnes LGBT étrangères venant habiter en France
et de s'ouvrir à leurs cultures. Gaipar organise un débat
sur le communautarisme le 18 septembre 2003 et invite les Membres
à y participer. (Coordonnées : 06 63 ** ** **-
gaipar-asso.com - contact@gaipar-asso.com.)
>§CRA-75 §CRI-76-Marie-Lys Moulin,
par ailleurs Chargée de communication salariée au CGL
Paris, présente PaCS
et Patrimoine qui a pour objet l'information sur la gestion des
biens, la transmission du patrimoine et la protection du partenaire
dans le cadre de la loi sur le PaCS et de la vie à deux hors
mariage. Elle attire l'attention de l'assemblée sur les pièges
du PaCS : en substance, le PaCS est un "piège à
c..." qui nécessite impérativement le recours à
un juriste (notaire, conseiller patrimonial...) avant d'être conclu.
PaCS et Patrimoine prévoit d'insérer un lien sur son site
avec chacun des Membres de l'Alliance, l'échange interassociatif
lui paraissant primordial. D'avance, elle remercie les Membres de lui
rendre la pareille. (Coordonnées : pacsetpatrimoine.org - courriers@pacsetpatrimoine.org).
>§CRA-76 §CRI-77- Sarah Calas présente
les tricots de corps qu'elle réalise sur le thème :
«L'homophobie se soigne... à l'homopathie !
Parlez-en autour de vous !» et qu'elle laisse en
dépôt-vente au CGL Paris (ou lors de la Marche) en
lui reversant 15% des ventes après qu'un point mort de 50
ventes ait été atteint. (Coordonnées :
01 48 00 07 94 - s.calas@wanadoo.fr).
>§CRA-77 §CRI-78- Pascal Janvier rappelle
le rôle de Mémoire
des sexualités - Marseille, dépositaire des archives
de l'Alliance, qui participe du même effort de création
d'une mémoire LGBT que l'Association
de préfiguration du Centre d'archives et de documentation
homosexuelles de Paris. L'assemblée salue son travail
en faveur de la constitution d'une conscience collective des populations
LGBT. >§CRA-78
POINT 8-B- EVOCATION DU ROLE DES ASSOCIATIONS-MEMBRES DANS UN ESPACE
INTER-ASSOCIATIF - RAPPORTEURS : C.I.GA.LE. (GRENOBLE), CGL LILLE
ET CGL PARIS : §CRI-79- C.I.GA.LE. évoque
les problèmes de déperdition d'énergie créés
en son sein par une structure tellement confédérale
que plus personne ne s'investit dans le collectif. Lille connaît
les mêmes difficultés : ainsi, les associations-membres
du CGL Lille tiennent chacune leurs permanences au local du CGL
Lille mais ces permanences ne sont jamais celles du CGL Lille. Une
personne qui vient un soir alors qu'elle relève d'une thématique
propre à une association qui tient permanence un autre soir
ne sera pas accueillie et sera tout juste invitée à
se représenter un autre soir. Ainsi, le souci de respecter
un équilibre démocratique scrupuleux entre les associations-membres
conduit à une certaine forme de paralysie, sinon d'impuissance. §CRI-80- Le CGL Paris a historiquement
connu une phase semblable mais est désormais géré
par ses propres militant-e-s, ce qui le place en position de neutralité
dans ses rapports avec ses différentes associations-membres.
Ainsi, les associations-membres ne sont plus membres de droit du
CA, ce qui est la conséquence logique du constat de l'impossibilité
pour des militants déjà accaparés par leur
propre association de s'investir de surcroît dans une association
confédérale. Pour autant, le CGL Paris évoque
ses difficultés à mobiliser, même dans une métropole
de la taille de Paris a priori riche en populations LGBT. Chaque
action de terrain ne mobilise que 2 ou 3 militant-e-s. Le contact
entre association et adhérent-e-s est plus fort dans les
régions. La structure du CGL Paris n'est pas fédérale :
le CGL Paris ne demande rien à ses 56 associations-membres.
Au contraire, il est un peu devenu leur fournisseur de services.
Le CGL Paris a souhaité se doter d'un cadre institutionnel
pérenne en retenant récemment le principe d'un CA
renouvelé par tiers (le Conseil d'administration est toujours
composé de deux tiers d'ancien-ne-s) chaque année
(les Administrateurs/trices restent en place pour trois ans) :
ce principe doit faciliter la transmission des expériences
et des mémoires, éternel faiblesse des associations.
Le CGL Paris fait part de la rubrique de son rapport d'activité
2002 consacrée aux relations avec les associations. §CRI-81- HOMogênE s'investit
actuellement dans un projet de CGL au Mans en voie de finalisation.
La nature inter-associative de ce projet présente des similitudes
avec les configurations grenobloise ou lilloise mais la volonté
des Manceaux semble être de rechercher un compromis entre
la "confédération trop centrifuge" et la
"fédération trop centripète". Ainsi,
HOMogênE devrait fusionner avec deux autres associations mancelles
(Clin d'il et ENERGuMAINE). HOMogênE attend de l'Alliance
qu'elle soit un espace d'échange de conseils, de retour d'expériences
et de soutien qui permette de réimpulser des énergies. §CRI-82- Couleurs Gaies a développé
un modèle différent car elle a été la
première association LGBT messine, dans un contexte législatif
plus contraignant et plus complexe que le statut "loi 1901" :
c'est le droit local alsaco-mosellan, dit "loi 1908" en
ce qui concerne les associations, qui s'applique. Couleurs Gaies
a cherché à "essaimer" non en créant
une association par thématique, mais en créant un
groupe en son sein pour chaque thématique. Couleurs Gaies
déplore les divisions associatives qui existent dans de nombreuses
villes et qui se font "à masse constante" de militant-e-s :
au lieu d'avoir une association LGBT forte, ces villes ont plusieurs
associations LGBT faibles avec chacune 3 ou 4 militant-e-s réellement
investi-e-s, perdant qui plus est une part importante de leur temps
à gérer l'aspect administratif incompressible propre
à l'existence d'une association. Ainsi, Couleurs Gaies a
proposé à Contact de créer en son sein un groupe
de parents d'enfants LGBT labellisé "Contact",
sous des conditions à déterminer, plutôt que
de créer une association spécifique (Contact a refusé). §CRI-83- Marseille propose d'étudier
les conditions de disparition du CGL Marseille Provence et de la
Maison de l'homosocialité de Bordeaux mais ne fournit aucune
analyse pour alimenter cette étude. >§CRA-79/83
POINT 9- PAROLES DE MILITANT-E-S
-A- "UNE FUSION INTER-ASSOCIATIVE EST-ELLE POSSIBLE ? L'EXEMPLE
DE ARIS ET DU FGL LYON" - RAPPORTEURS : FGL LYON ET ARIS -B-
"LA VIE DU MILITANT : SOS SATURATION ?" (GESTION
DU TEMPS, VIE PROFESSIONNELLE, VIE DE COUPLE ETC.) - RAPPORTEUR :
CLG NANTES -C- LES SALARIE-E-S D'UN CENTRE LGBT - RAPPORTEUR :
CGL PARIS -D- ECHANGE DE VUES SUR L'EVOLUTION DE L'INFECTION AU VIH
ET SUR LE PHENOMENE DU "BAREBACKING" - RAPPORTEUR : REIMS
LIBERTE GAIE -E- LE SURSUICIDE DES JEUNES LGBT ET LA MISSION DE CHRISTINE
BOUTIN - RAPPORTEUR : EX ÆQUO (REIMS) ET LE CGL PARIS -F-
"FACE AUX MEDIAS" (COMMENT GERER UN PASSAGE TELEVISE ?
QUEL BILAN DE NOS COMMUNIQUES de presse SUR UNE ANNEE ? ETC.) - RAPPORTEURS : HOMOGENE ET REIMS LIBERTE GAIE : §CRI-84- Rappel de la position
préalable du CGL Rennes (12 juillet 2003, 7h52) : «OK
- Mandat représentatif». POINT 9-A- "UNE FUSION INTER-ASSOCIATIVE EST-ELLE
POSSIBLE ? L'EXEMPLE DE ARIS ET DU FGL LYON" - RAPPORTEURS :
FGL LYON ET ARIS : §CRI-85- En l'absence des rapporteurs,
le président de séance propose d'ajourner ce point.
L'assemblée en convient ainsi. >§CRA-84/85 POINT 9-B- "LA VIE DU MILITANT :
SOS SATURATION ?" (GESTION DU TEMPS, VIE PROFESSIONNELLE,
VIE DE COUPLE ETC.) - RAPPORTEUR : CLG NANTES : §CRI-86- La Commission évoque
les perpétuelles plaintes de ses interlocuteurs dont la vie
professionnelle, familiale, ou sentimentale semble souvent faire
les frais d'un investissement associatif difficile à tempérer.
Luc Courteille, psychologue-clinicien au CGL Paris, assure la modération
des débats. [En raison du caractère intime des débats,
les interventions sont anonymées dans le présent compte-rendu.] §CRI-87- Un participant évoque
la fuite en avant parfois présente dans l'investissement
associatif... parfois fuite d'une vie professionnelle aride... §CRI-88- Un participant s'interroge :
Pourquoi est-on militant ? Pour trouver une reconnaissance
que l'on a pas dans sa famille ? Pour réparer le passé ?
Pourquoi observe-t-on tant de luttes de pouvoir, tant de scissions ? §CRI-89- Un participant évoque
l'enrichissement de sa vie personnelle... qui, certes, lui prend
un temps conséquent. §CRI-90- Un participant reprend
une interrogation déjà soulevée : Pourquoi
est-on militant ? Pourquoi aider l'autre ? Avec le temps,
les bonnes options s'imposent... sauf peut-être dans le cas
de militant-e-s ancien-ne-s qui deviennent parfois dictateurs/trices.
Certaines associations comme Aides pratiquent la régulation. §CRI-91- Un participant indique
qu'il milite parce qu'il trouve l'espèce humaine incroyablement
lente et qu'il souhaite accélérer sensiblement l'avènement
de la tolérance prônée depuis quelques millénaires.
Il évoque pourtant les incroyables tensions humaines qu'il
subit au sein de son association où se commettent entre militant-e-s
des actes de violence psychologique et de mépris qui confinent
parfois au sadisme, certain-e-s semblant se repaître de la
jouissance d'humilier autrui. Il n'en revient pas de recevoir les
pires coups, les plus violents, les plus bas, non pas des adversaires
des valeurs prônées par l'association ( «d'en
face») mais de celles et ceux qui devraient être
les camarades de combat les plus solidaires qui soient dans le contexte
homophobe de notre société ( «par-dessous
la table»). Il évoque une saturation nerveuse qu'il
ne peut, après des réunions de bureau ou de conseil
d'administration, résorber qu'au prix de nuits blanches passées
à se vider la tête devant des séries télévisées
d'une stupidité navrante, ce qui représente à
certains égards le pire des dommages qui soit... §CRI-92- Un participant évoque
la pression médiatique qui pèse sur un-e militant-e
LGBT. Une association LGBT n'est pas une association de badmington :
un-e militant-e d'association LGBT doit être prêt à
"voir sa gueule" dans le journal. Il évoque également
le manque de reconnaissance, terme "à oublier",
au sein même de son association : les actions sont menées
dans l'indifférence générale des autres militant-e-s,
quand elles ne sont pas l'occasion d'attaques personnelles. Entre
ces pressions extérieure et intérieure, qu'est-ce
que militer ? Construire pour se réaliser ? §CRI-93- Un participant estime
que l'investissement associatif doit s'équilibrer par une
montée en puissance gérée dans le temps. Certes,
les avancées obtenues sont toujours trop lentes... mais cette
lenteur ne doit pas se payer par un manque de respect entre militant-e-s. §CRI-94- Un participant évoque
les scissions, bien souvent issues de volontés de prise de
pouvoir. §CRI-95- Une participante se
réjouit de ne pas encore avoir vécu de coup de gueule
au sein de son association. Elle garde espoir. §CRI-96- Le modérateur
interroge les participant-e-s : pourquoi entrer dans l'association ? §CRI-97- Une participante évoque
l'amitié, l'affection qui ont présidé à
son investissement associatif. Elle milite parce qu'elle préfère
mourir à la tâche que vivre à ne rien faire. §CRI-98- Un participant évoque
le jeu social, l'investissement narcissique... Il estime important
de donner des tâches à des personnes à qui l'on
a refusé quelque chose. Dans son association, les personnes
viennent d'horizons différents et les tensions n'apparaissent
pas. §CRI-99- Le modérateur
attire l'attention des participant-e-s sur la notion de séparation
entre vie privée et vie professionnelle ; il attire
également leur attention sur l'importance de se connaître
soi-même avant de s'engager. §CRI-100- Un participant évoque
en même sens la distinction à établir entre
vies privée, professionnelle et associative. §CRI-101- En 28 ans de vie professionnelle
et associative, un participant a rencontré ce problème.
Il ne sépare pas. Il met une direction militante dans son
travail. Par ailleurs, il estime que se connaître soi-même
prend toute une vie et qu'à ce compte, personne ne s'engagerait
jamais. §CRI-102- Un participant a créé
son association pour aider les autres parce que personne ne l'a,
lui, aidé. Il ne sépare pas vies privée et
professionnelle. §CRI-103- Un participant évoque
la difficulté de déléguer pour alléger
la tâche des militant-e-s les plus investi-e-s... Déléguer,
oui, mais à qui ? Il évoque des expériences
personnelles de stress violent à raison d'un investissement
excessif pesant sur ses seules épaules. Un soir, pendant
que les autres s'amusaient dans une soirée associative, il
a passé une nuit sous la pluie à faire seul l'accueil
parce que la capacité de la salle était atteinte et
qu'il fallait interdire l'entrée : il a d'abord occulté
ce stress qu'il n'a pu évacuer que plusieurs mois après.
La veille d'une manifestation importante, première du genre
sur sa région, il a subi un désordre intestinal exacerbé
parce qu'il avait été laissé seul à
assumer cette charge. Pourtant, il voit son association comme sa
famille et ses camarades comme ses ami-e-s... au détriment
parfois de la relation amicale elle-même ("Salut, je
t'appelle mais je n'ai rien à te demander !").
Il dénonce un schémar associatif où tout converge
vers un responsable qui paraît entouré mais se retrouve
en fait isolé car constamment sollicité par la structure. §CRI-104- Un participant estime
que l'équilibre, c'est l'immobilisme. Il voit l'investissement
associatif comme une forme d'autosupport possible pour des militant-e-s
parfois confrontés à d'énormes difficultés
personnelles, notamment médicales. §CRI-105- Un participant estime
que quand on veut déléguer, on peut... si l'on prend
soin, derrière, d'évaluer. Il voit sa vie comme un
"trois huit" : huit heures de vie privée,
huit heures de vie professionnelle et huit heures de sommeil. Mais
la vie associative est-elle de la vie privée ? En tant
qu'homosexuel, il subit en permanence la discrimination homophobe
dans sa vie sociale : pour lui, l'investissement associatif
est une façon de rétablir son équilibre personnel.
Sur le plan associatif, il évoque les personnes qui ont un
potentiel destructif structurel parce qu'elles veulent occuper une
place centrale. §CRI-106- Le modérateur
évoque la notion de structuration : Comment gérer
son investissement associatif en protégeant sa vie privée ?
Comment identifier ce qui ne va pas ? Comment savoir quand
on commence à craquer ? >§CRA-86/106
POINT 9-C- LES SALARIE-E-S D'UN CENTRE LGBT - RAPPORTEUR :
CGL PARIS : §CRI-107- En l'absence de Dominique
Boren, Co-Président du CGL Paris, qui avait souhaité l'inscription
de ce sujet à l'ordre du jour lors de la réunion de travail
du 29 juin 2003 avec la Commission de coordination, le président
de séance propose d'ajourner ce point. L'assemblée en
convient ainsi. >§CRA-107 POINT 9-D- ECHANGE DE VUES SUR
L'EVOLUTION DE L'INFECTION AU VIH ET SUR LE PHENOMENE DU "BAREBACKING" - RAPPORTEUR : REIMS LIBERTE GAIE : §CRI-108- La Commission rappelle
que lors des VIIe Rencontres, le VIH n'avait été évoqué
qu'au détour de conversations informelles. Elle a souhaité
que ce débat soit abordé de manière plus approfondie
lors des présentes Rencontres, à la lumière des
positions fortement médiatisées prises par Reims Liberté
Gaie (RLG) début 2003 dans "l'affaire du barebacker
rémois". Le président de séance souhaite distinguer
dans le barebacking (pratiques sexuelles non protégées
impliquant des contaminations volontaires) les pratiques sexuelles non
protégées consenties ("baise sans capote"...)
et les pratiques sexuelles non protégées non consenties
(rapports sexuels avec des préservatifs percés à
l'insu du ou de la partenaire...). RLG prend la parole : >§CRA-108 §CRI-109-
«Tétu, Illico, IBNews, Transversal, Exist, sans compter
les radios et journaux locaux... Quand nous avons envoyé
le premier communiqué de presse, nous savions que les réactions
seraient nombreuses et loin d'être sympathiques, mais avions
nous vraiment le choix ? Car toute la question est là. Nous,
bénévoles d'association, formés à l'écoute,
à l'accueil, à l'information sur le SIDA et
autres MST, que pouvons nous répondre quand une personne nouvellement
séropositive vient nous faire part de sa colère suite
à une contamination dont elle n'est pas responsable ? §CRI-110-
«Il y a
3 semaines à Reims, une jeune homme de 20 ans a eu une relation
sexuelle sur un lieu de drague. Pendant le rapport, le préservatif
s'est rompu. Son partenaire lui a déclaré l'avoir
percé et espérer qu'il soit contaminé. Il
a alors pris contact avec différentes structures : Sida
Info Service s'est montré très embarrassé
par l'histoire, lui a d'abord conseillé de prendre du recul
et devant son insistance lui a finalement conseillé de porter
plainte au pénal pour administration de substances nuisibles.
Act Up-Paris lui a répondu qu'il s'agissait d'une
responsabilité partagée, a jugé l'affaire
révoltante. Ligue Azur a renvoyé vers Sida Info Service.
Et nous, petite association provinciale, que pouvons nous lui dire quand
il se trouve en face de nous ? Qui pourrait lui dire qu'il
s'agit d'une responsabilité partagée ?
Que bien qu'il ait demandé que son partenaire se protège,
il est aussi responsable que ce dernier qui a volontairement percé
le préservatif dans le but de le contaminer ? Cette situation
tragique n'est malheureusement pas isolée. Que penser de la responsabilité
partagée dans les cas de production de faux test de séronégativité ? De retrait du préservatif à l'insu du partenaire ? De contamination du conjoint suite à des relations extra-conjugales
non protégées ? §CRI-111-
«Décembre
2002, le CHU de Reims contacte les associations de lutte contre le SIDA
pour leur faire part de plusieurs cas de contaminations récentes
où le contaminateur semble identique, selon les histoires entendues
en consultation. Aucun nom n'est cité à aucun moment.
Suite à cette entrevue, les associations appellent leurs adhérents
à la plus grande vigilance. Février 2003 : le contaminateur
en question, dont le nom a été dévoilé dans
tout Reims, nous contacte suite à des refus d'entrée
dans des associations et des établissements. Reims Liberté
Gaie contacte ces derniers et souhaite dans le même temps aider
ce jeune homme qui semble être dans le déni total de sa
maladie. Nous le mettons notamment en contact avec un psychologue et
lui proposons de participer à des groupes de parole de AIDES.
Fin mars 2003 : après deux mois d'accueil, d'écoute,
d'information et d'orientation, le jeune homme récidive
avec deux membres de notre association. Malgré la demande de
protection de nos deux adhérents, il a délibérément
enlevé le préservatif à leur insu et le reconnaît
sans remord devant nous, allant jusqu'à se moquer de notre
impuissance devant ses actes. Début avril : RLG contacte
l'hôpital qui lui apprend que plusieurs personnes contaminées
souhaitent porter plainte pour empoisonnement volontaire ou mise en
danger de la vie d'autrui. RLG décide de soutenir cette
action, espérant que cela puisse ouvrir un débat national
et aboutir à des actions concrètes contre les contaminations
volontaires. §CRI-112-
«Suite
à cette décision, Têtu imagine un scénario
où RLG souhaiterait emprisonner tous les séropositifs
et diffuser leurs noms sur des affiches. Cette information erronée
sera d'ailleurs relayée aveuglement par Act Up-Paris, Illico,
IBNews, Transversal... sans qu'aucun ne prenne contact avec nous
pour s'informer. À noter que le droit de réponse
demandé pour RLG à M. Martet de Têtu a été
tout simplement refusé. Il nous a fallu pas moins de trois mois
pour rectifier la vérité. Dans une lettre adressée
à RLG le 16 avril 2003, Victoire Patouillard, Présidente
d'Act Up-Paris, sans même avoir pris contact avec nous, nous
reproche d'utiliser les termes de criminels, de victimes ou de
massacre à seule fin de stigmatiser les personnes séropositives.
A noter qu'elle déclarera dans une émission d'Ardisson
qu'il s'agit d'un crime et ne protestera pas quand Sonia
Rolland exprimera sa volonté d'enfermer ces individus. §CRI-113- «Ainsi
que RLG lui a répondu dans une lettre datée du 19
avril 2003, nous en sommes arrivés à être confrontés
à des pratiques où exiger la protection n'assure plus
de ne pas être contaminé. De plus, vouloir étouffer
ces affaires, comme dans ce cas où nous sommes intervenus
ou comme plus récemment avec les éditions Blanches,
ne peut en aucun cas réduire ces pratiques. Continuer de
défendre la responsabilité partagée dans tous
les cas n'aboutit qu'à la légitimation de ces pratiques
aux dépens des personnes contaminées involontairement.
Pour nous, les actions de censure vont dans le sens inverse de la
plus petite action que nous pouvons mener contre ces pratiques :
l'information. Ces pratiques existent et se répandent, arrêtons
de les nier et appelons le grand public à redoubler de vigilance. §CRI-114-
«Mais que
faire véritablement contre ces pratiques ? Nous savons tous que
l'emprisonnement ou des amendes ne réduiront en rien ce
phénomène qui trouve ses racines dans de profonds troubles
psychologiques dus à la maladie. RLG ne prétend pas avoir
trouvé la solution miracle, loin de là, mais nous pensons
pouvoir agir selon 4 axes. 1/ Accueil : les associations se doivent
d'accueillir les contaminateurs et les contaminés puisqu'il
paraît évident que les deux ont besoin d'aide (à
noter que le contaminateur rémois continue de venir 1 à
2 fois par semaine dans nos locaux). 2/ Ecoute : il semble indispensable
d'être à l'écoute des attentes de chacun :
du contaminé qui exprime sa colère et du contaminateur
qui exprime le plus souvent son désarroi. 3/ Information :
informer le grand public de ses pratiques (et soutenir des écrivains
comme Rémès qui communique plus ou moins habilement sur
le sujet même si la notion d'argent dans ce contexte peut
paraître scandaleuse) et lui apprendre à s'en protéger ; informer aussi les personnes séropositives de la nécessité
de se protéger lors des rapports sexuels pour les inclure de
fait dans la lutte contre le SIDA et leur éviter la surcontamination.
4/ Orienter : par un suivi psychologique des personnes séropositives,
orienté sur le déni de la maladie ou la vengeance, qui
sont deux phénomènes à l'origine des contaminations
volontaires. §CRI-115-
«Si des
sanctions judiciaires doivent exister, battons-nous pour qu'elles
ne conduisent ni à la prison, ni à des amendes mais pourquoi
pas à un suivi psychologique obligatoire. Le silence des associations
sur ce sujet nous paraît extrêmement dangereux pour plusieurs
raisons : mélanger, comme l'ont fait Têtu ou
Act Up-Paris, lutte contre les contaminations volontaires et lutte contre
les séropositifs, aboutit à la stigmatisation de ces derniers.
De plus, les personnes contaminées ne se sentent pas soutenues
par les associations qui donnent l'impression de protéger
les contaminateurs et cela aboutit comme à Reims à des
cas de justice personnelle. Enfin, cela risque d'aboutir à
une jurisprudence d'autant que les plaintes pour empoisonnement
dans des cas de contamination se multiplient et cela bien avant notre
affaire. Nous sommes tout à fait conscients des dérives
auxquelles une action en justice peut conduire : baisse des dépistages,
fichage des séropositifs... et nous ne souhaitons en aucun
cas que cela se produise. Mais nous devons reconnaître que certains
utilisent, pour diverses raisons, la responsabilité partagée
pour répandre la maladie. Victoire Patouillard déclarait
que le Sida est une maladie, pas une arme. Nous, acteurs de la prévention,
nous le savons tous ! Mais les faits nous montrent le contraire. §CRI-116-
«Pour terminer,
RLG aimerait juste vous rappeler dans quel désarroi sont les
bénévoles de nos associations quand ils se trouvent face
à un cas de contamination volontaire et qu'ils doivent défendre
la notion de responsabilité partagée qui pour l'instant
ne résout en rien les problèmes ni du contaminé
et encore moins du contaminateur et ne sert qu'à se décharger
d'un problème bien embarrassant mais de plus en plus fréquent !»
>§CRA-109/116
§CRI-117- Act Up-Paris a été
choquée par la campagne dite de «chasse aux barebakers»
(sic) lancée par Reims Liberté Gaie sur son site Internet
et estime que le bareback est un discours qui fait l'apologie
de la baise sans capote avant d'être une pratique. Act Up-Paris
estime que RLG s'est emmêlée les pinceaux en choisissant,
sous couvert de lutte contre le bareback, de s'attaquer à
un tout autre phénomène : les pratiques non-safe
et le relapse. En disant clairement qu'elle réfléchissait
aux moyens juridiques de poursuivre une personne soupçonnée
d'avoir transmis le virus à plusieurs autres personnes, RLG met
un pied dans la criminalisation des séropositifs. Il s'agit selon
RLG de revenir sur le principe fondamental de la prévention VIH :
la responsabilité partagée, à savoir que chaque
personne, quel que soit son statut sérologique, est responsable
de sa protection et de celle de son partenaire. Or, seule la notion
de responsabilité partagée permet de s'opposer au bareback. §CRI-118- Sur
le site Internet de RLG, le terme de "criminel" est apparu,
ce qui renvoie au niveau judiciaire de la cour d'assises : or,
peut-on imaginer que des cours d'assises se prononcent sans jamais envoyer
de prévenus en prison ? Act Up-Paris souhaite que le droit
s'en tienne à la jurisprudence de la chambre criminelle de la
Cour de cassation du 2 juillet 1998 (annexe
n°B2), qui a clairement exclu la pénalisation des contaminations
volontaires. Quant à une éventuelle injonction de soins
psychologiques, imaginer qu'elle serait efficace relève de l'angélisme :
en plein contexte sécuritaire, une pénalisation des contaminations
volontaires ne s'arrêterait pas à une simple injonction
et glisserait fatalement vers la réclusion. Pour ce qui est de
la propagation de l'épidémie, la pénalisation des
contaminations volontaires entraînerait une peur du dépistage :
plus de dépistage, plus de connaissance de son éventuel
statut séropositif ; plus de connaissance de son éventuel
statut séropositif, plus de caractère "volontaire"
à une éventuelle contamination... Or, une baisse du recours
au dépistage entraînerait une hausse des contaminations
et des décès. La meilleure réponse à apporter
à une personne exposée à une prise de risque est
de l'informer sur le sida et sur le traitement
d'urgence "post exposition" (TPE), non de la conseiller
sur les manières d'attaquer le tiers l'ayant exposée à
cette prise de risque. Act Up-Paris s'interroge sur la déontologie
des médecins du CHU Reims qui auraient communiqué les
résultats d'un test génotypique de résistance. §CRI-119- RLG indique que la
mention «chasse aux barebakers» présent sur
son site Internet était le titre d'un article relatant une atmosphère
de chasse au barebacker pour mieux s'y opposer et qu'il suffisait de
cliquer sur ce titre pour lire cet article. >§CRA-117/119 §CRI-120-
Aides-Île-de-France estime que le barebacking a été
fortement médiatisé mais ne recouvre pas la réalité
du sida en France : le problème majeur est qu'il existe
90.000 séropositifs déclarés en France, soit de
120 à 150.000 séropositifs effectifs, et que près
de la moitié de ces personnes ont appris, apprennent ou vont
apprendre leur séropositivité lors de leur première
maladie opportuniste, ce qui compromet leurs chances de lutter contre
le VIH. Le problème majeur est la hausse des prises de risque
en raison d'une lassitude par rapport à l'usage du préservatif.
Le problème majeur est celui d'un contexte sécuritaire
(marqué notamment par le classement du jardin des Tuileries en
zone de prostitution alors qu'il n'y a historiquement jamais eu de prostitution
dans ce lieu de drague) qui entrave la politique de prévention.
Le problème majeur sont les 5 à 10% d'impasses thérapeutiques
observées sur les personnes en traitement, qui subissent des
dégradations de leur foie, de leur cur... Par rapport à
ces réalités, le phénomène du barebacking
est marginal. >§CRA-120 §CRI-121-
La Commission se déclare gênée car elle ne peut
qu'être d'accord avec les trois points de vue exposés.
Elle a le sentiment que Act Up-Paris et Aides-Île-de-France ne
répondent pas à la question posée par RLG :
comment accueillir une personne contaminée à son insu
par un tiers et qui demande justice ? Il existe en France une
civilisation basée sur la justice, sur cette notion de réparation
et de sanction des actes portant atteinte aux intérêts
voire à la personne d'autrui. Or, condamner sciemment quelqu'un
à mort à plus ou moins brève échéance,
car le VIH reste en l'état actuel de la science un virus mortel,
semble bien être un tel acte. En conséquence, en-dehors
des préoccupations prophylactiques, pragmatiques, une simple
préoccupation de justice, éthique, devrait amener à
pouvoir demander la réparation et la sanction d'une contamination
volontaire. La jurisprudence du 12 juillet 1998 n'est qu'une jurisprudence...
A titre personnel, David Auerbach estime que contaminer autrui pourrait
relever de l'empoisonnement, «fait d'attenter à la vie
d'autrui par l'emploi ou l'administration de substances de nature à
entraîner la mort» (art.221-5 du code pénal). (Cf. annexe n°B4 : Position incidente de David Auerbach, Membre du CGL Paris, le 9 octobre 2003 sur la notion de responsabilité partagée - Cinq réflexions sur la jurisprudence du Tribunal fédéral suisse - Aperçu de la jurisprudence britannique - Aperçu de la jurisprudence suédoise - Extraits de "Act Up - Une histoire" de Didier Lestrade - Position incidente de Hubert Petiet, Membre de Pacs et Patrimoine, Association-Membre du CGL Paris, les 11/13 octobre 2003 sur la notion de responsabilité partagée.) §CRI-122- En même sens,
HOMogênE estime que RLG a été victime d'un emballement
médiatique qui a occulté son discours et son questionnement. §CRI-123- Act
Up-Paris fait état de son désespoir : comme l'indique
Alain Molla, avocat, membre du Conseil national du sida, dans son article
«Approche juridique des comportements sexuels aboutissant à
la transmission du virus à autrui» (in Triangul'Ère
n°3 1/2, «Quartier rose - Homosexualités, sida,
éducation et mémoire», p.72-77, éd. Christophe
Gendron, Paris, 2002), les contaminations repartent, les politiques
de prévention sont très fragiles, les associations de
lutte contre le VIH sont plus faibles qu'en 1992... La pénalisation
des contaminations volontaires mettrait à bas les politiques
de prévention (cf. annexe
n°B3 : Position incidente de Xavier Héraud, Vice-Président
Communication d'Act Up-Paris, le 8 août 2003 à 18h01 sur
la pénalisation de la transmission du VIH - Extraits du site
d'Act Up-Paris au 13 août 2003 : dossier "Criminalisation»). §CRI-124- Aides-Île-de-France
fait état de sa compassion à l'égard d'une personne
victime de contamination volontaire. Mais l'enjeu est majeur :
la capote n'est déjà que trop vécue comme une mise
à distance et non comme une protection. Les facteurs de contamination
sont le manque d'information et les problèmes de vulnérabilité
des minorités et des personnes touchées par le VIH. Les
acquis sont constamment remis en cause et la question de la pénalisation
des contaminations volontaires les mettrait à bas. Le gouvernement
actuel ne semble déjà que trop avoir renoncé à
faire de la lutte contre le VIH un axe majeur de sa politique de santé
publique. >§CRA-121/124 §CRI-125- Alter
Égaux s'interroge : la position d'Act Up-Paris ne revient-elle
pas à se demander pourquoi les criminels vont en prison ?
Il existe six classes d'armes, le VIH ne pourrait-il pas être
considéré comme une arme par destination ? Il conviendrait
de distinguer le cas, par exemple, d'un préservatif découpé
où la réponse irait en ce sens, et le cas, par exemple,
d'une relation consentie sans préservatif où la réponse
n'irait pas en ce sens. Dans ce dernier cas, la notion de responsabilité
partagée serait pertinente. Il appartiendrait à la justice
de faire la différence. Alter Égaux ne méconnaît
pas les risques de discrimination à l'encontre des personnes
séropositives, notamment dans les univers carcéral ou
psychiatrique où des cas de dépistages obligatoire et
d'étiquettes de couleur apposées sur les portes sont avérés. §CRI-126- Ex Æquo manifeste
son scepticisme par rapport à la notion de pénalisation
des contaminations volontaires : dans le cas particulier du barebacker
rémois, au vu de l'état émotionnel intense et de
la conduite irrationnelle de la personne en question, il est plausible
qu'une expertise psychiatrique concluerait à son irresponsabilité
pénale (art.122-1, alinéa 1er du code pénal :
«N'est pas pénalement responsable la personne qui était
atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique
ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes»).
Ex Æquo ne croit pas à la pertinence de l'injonction thérapeutique
qui ne fonctionne ni pour les toxicomanes, ni pour les pédophiles...
Un suivi psychologique pourrait être pertinent mais se heurterait
au manque de relation de confiance entre médecin et patient :
ainsi, les problèmes de répercussion des traitements,
notamment sur la libido, ne peuvent que rarement être abordés
alors qu'ils le sont systématiquement lorsqu'il s'agit, par exemple,
d'opérer une prostate. §CRI-127- Act Up-Paris insiste :
seule la notion de responsabilité partagée permet d'éviter
la stigmatisation des séropositifs et de contrer un contexte
sécuritaire qui ne manquerait pas d'envoyer en prison les prévenus
reconnus coupables de "contamination volontaire". §CRI-128-
Le président de séance clôt les débats. RÉSOLUTION IC/8R/13 : Sans opposition manifeste, L'INTER CENTRES LGBT PREND ACTE DE LA POSITION DE REIMS LIBERTÉ GAIE SUR LE "REFUS DE LA NOTION DE RESPONSABILITÉ PARTAGÉE DANS LES CAS DE CONTAMINATION VOLONTAIRE AU V.I.H." ; ELLE MANDATE LA COMMISSION DE COORDINATION POUR ANIMER UNE DÉMARCHE DE RÉFLEXION SUR CETTE POSITIOn. >§CRA-125/128
POINT 9-E- LE SURSUICIDE DES JEUNES LGBT ET LA MISSION
DE CHRISTINE BOUTIN - RAPPORTEUR : EX ÆQUO (REIMS) ET LE
CGL PARIS : §CRI-129- Le président
de séance propose d'ajourner ce point. L'assemblée en
convient ainsi. >§CRA-129 POINT 9-F- "FACE AUX MEDIAS"
(COMMENT GERER UN PASSAGE TELEVISE ? QUEL BILAN DE NOS COMMUNIQUES
de presse SUR UNE ANNEE ? ETC.) - RAPPORTEURS : HOMOGENE ET
REIMS LIBERTE GAIE : §CRI-130- Le président
de séance propose d'ajourner ce point. L'assemblée en
convient ainsi. VISITE DES LOCAUX DU CGL PARIS - RENDEZ-VOUS AVEC
LES MILITANT-E-S PARISIEN-NE-S HEBERGEANT LES PARTICIPANT-E-S : §CRI-131- Le président
de séance propose d'ajourner ce point. L'assemblée en
convient ainsi. HOMogênE quitte la séance et donne procuration
à Couleurs Gaies, assurant la Présidence, déléguant
cette procuration à C.I.GA.LE., dans les termes suivants :
«HOMogênE donne pouvoir pour les VIIIe Rencontres à
Couleurs Gaies./ Le 12 juillet 2003/ Olivier Châble».
Le Caritig, SOS Homophobie, l'Ardhis, AGLA France, Gaipar, PaCS & Patrimoine,
Act Up-Paris, Aides-Île-de-France, Luc Courteiller et Sarah Calas
quittent la séance. Vingt-huit personnes physiques participantes
sont autour de la table (dont six femmes, soit 21% des personnes physiques
participantes). Les participant-e-s se rendent au Pont du Carrousel
devant la plaque commémorant la mémoire de Brahim Bouraam.
>§CRA-130/131
POINT 10- EVOCATION DE
LA MEMOIRE DES VICTIMES D'ACTES LESBO-, GAI-, BI- OU TRANSPHOBES
-A- DEPOT DE FLEURS AU PONT DU CARROUSEL SOUS LA PLAQUE COMMEMORATIVE
A LA MEMOIRE DE BRAHIM BOURAAM -B- EVOCATION DE LA MEMOIRE DE FRANÇOIS
CHENU -C- MINUTE DE SILENCE - RAPPORTEURS : CGL PARIS, EX ÆQUO
ET REIMS LIBERTE GAIE : §CRI-132- Rappel de la position
préalable du CGL Rennes (12 juillet 2003, 7h52) : «Satisfait - Mandat représentatif». §CRI-133- L'assemblée
se recueille devant la plaque commémorant l'assassinat raciste
et homophobe de Brahim Bouraam commis à Paris par des sympathisants
rémois du Front national, le 1er mai 1995, sous le Pont du Carrousel.
Le CGL Paris évoque les circonstances de cet assassinat :
le cortège du Front national qui, comme chaque année,
passe sur le pont du Carrousel en se rendant sous la statue de Jeanne
d'Arc ; quatre sympathisants rémois qui restent en arrière
et voient passer sur le quai bas dit "Tata Beach", lieu notoire
de rencontre entre gais, un jeune Maghrébin ; des insultes,
des crachats, des coups, le jeune homme jeté dans une eau glaciale ;
sa mort. Le CGL Paris évoque la polémique malheureuse
qui s'en était suivie, SOS Racisme évoquant des «bruits
de chiotte dégueulasses» sur l'orientation sexuelle
de la victime, alors que seule la motivation des assassins comptait
et non la vie privée de leur victime. Le CGL Paris regrette que
la plaque commémorant cet acte raciste et homophobe n'en mentionne
que le caractère raciste : cette occultation de sa dimension
homophobe gêne le travail de mémoire et de prévention
des violences homophobes. En elle-même, cette occultation est
une violence homophobe. Ex Æquo et Reims Liberté Gaie font
le lien avec l'assassinat homophobe de François Chenu commis
à Reims par des sympathisants rémois du MNR de Bruno Mégret,
le 13 septembre 2002, dans le Parc Léo-Lagrange. Ex Æquo
rappelle que les assassins de François Chenu étaient des
proches des assassins de Brahim Bouraam. RLG regrette qu'aucune plaque
commémorative n'ait encore été apposée sur
le lieu de l'assassinat de François Chenu et qu'aucune mesure
de sécurité n'y ait encore été prise pour
éviter que de tels actes se reproduisent. RÉSOLUTION IC/8R/14 : Sans opposition manifeste, L'INTER CENTRES LGBT DEMANDE QUE LA MÉMOIRE DE FRANCOIS CHENU SOIT CÉLÉBRÉE PAR UNE PLAQUE COMMÉMORATIVE APPOSÉE DANS LE PARC LÉO-LAGRANGE À REIMS, QUI MENTIONNE LE CARACTÈRE HOMOPHOBE DE SON MEURTRE. (Cf. annexe n°B5 : Commémoration de l'assassinat de François Chenu à Reims, les 12/13 septembre 2003.)
SUSPENSION DES TRAVAUX : §CRI-134- Le président
de séance prononce la suspension des travaux. Les participant-e-s
se dispersent et se rendent, qui chez le/la généreux/se
militant-e parisien-ne qui l'héberge durant ces Rencontres, qui
dans le Marais...
>§CRA-132/134
Samedi 12
juillet - Première séance - "HIER" (Installation
des Rencontres)
Samedi 12 juillet - Deuxième séance - "AUJOURD'HUI" (Paroles de militant-e-s) Dimanche 13 juillet - Troisième séance - "DEMAIN" (Réflexions sur les valeurs et objectifs de l'Alliance) Mis en ligne le 11 août 2003.
Mis à jour le 13 octobre 2003 INTER CENTRES LGBT - Alliance des Centres lesbiens, gais,
bi & trans de France et de leurs Membres associés Fondée le 12 décembre 1998 contact@inter-centres-lgbt.org - http://inter-centres-lgbt.org/ C/o CGL Paris, 3, rue Keller, BP 255, 75524 Paris CEDEX 11 - Télécopie : 01 43 57 27 93 Dix Membres titulaires : Arc-en-ciel 31 (Centre LGBT Toulouse) (anciennement MdH), CGL Nîmes, CGL Paris, CGL Rennes, Couleurs Gaies - Centre LGBT de Moselle (Metz), Ex Æquo (Centre LGBT Reims), FGL Lyon, J'En Suis, J'Y Reste (CGL Lille), Quazar (Centre LGBT Angers) et Reims Liberté Gaie (Centre LGBT Reims) Vingt-et-un Membres associés : Alter Égaux (Nancy), ARIS (Lyon), CIGaLes (Dijon), C.I.GA.LE. (Grenoble), les Enfants terribles (Caen), le Groupe Action gay et lesbien Loiret (Orléans) et HOMogênE (Le Mans) (Associations affinitaires), Mimi Chiola (Nice), Siegfried Fossey des anciens Enfants terribles (Cherbourg), François Garrido de l'ancienne Maison de l'homosocialité de Bordeaux, Pascal Janvier de l'ancien CGL Marseille Provence et Bernadette Lassus de l'ancienne Maison des homosexualités de Touraine (Correspondants locaux), Agayri Sud-Est (Romans-s/-Isère), l'Aisne Gaie (Soissons), Arc-en-ciel 28 (Chartres), Comme ça ! (Rouen), GayKitschCamp (Lille), Gay-Union (La Réunion), Homosphère (Troyes), Magazine homo de Toulouse (anciennement Maison des homosocialités de Toulouse [MH]) et Mémoire des sexualités (Marseille) (Observateurs) Membres d'honneur : François Garrido, ancien Président de l'ancienne Maison de l'homosocialité de Bordeaux, Pascal Janvier, ancien Secrétaire de l'ancien CGL Marseille Provence, et Jacky Siret, ancien Président du CLG Nantes liste à jour au 13 juillet 2003 UNIR LES FORCES MILITANTES, PARTAGER LES EXPÉRIENCES © INTER CENTRES LGBT Merci de consulter les informations légales relatives à l'utilisation des données du présent site Internet. L'INTER CENTRES LGBT est soutenue par le Syndicat national des entreprises gaies. | ||||||||||||||||||||||||